Le scandale de la viande de cheval a fait l'objet d'un débat, le 12 mars à Strasbourg en session plénière, en présence du commissaire européen à la protection et à la santé des consommateurs, Tonio Borg. Débat au cours duquel l'idée d'introduire un étiquetage obligatoire de l'origine des produits transformés s'est faite de plus en plus pressante et à propos de laquelle le commissaire s'est dit « volontiers ouvert » même si, a-t-il tenu à rappeler, « les plus grandes résistances à ce projet viennent du côté de plusieurs États membres ».
Méfiance grandissante des consommateurs, baisse des commandes de la part de la grande distribution, suspicion généralisée entre les acteurs de la chaîne approvisionnement alimentaire. C'est avec toutes ces préoccupations en tête que les eurodéputés ont interrogé le commissaire européen Tonio Borg lors de ce débat spécial organisé en plénière ce 12 mars à Strasbourg sur le dossier de la viande de cheval. Ainsi Richard Seeber (PPE, Autriche) a rappelé que devant l'ampleur du scandale de la viande de cheval « ce ne sont pas quelques petits ajustements qui pourraient venir à bout de la crise de confiance des consommateurs ». S'il reconnaît que l'on ne peut pas arriver à bout des manipulations criminelles à 100 %, il souligne en revanche « que l'UE pourrait faire en sorte que cela devienne moins intéressant de frauder ». Pour ramener la confiance des consommateurs, il faut, selon lui, « non seulement multiplier les contrôles aléatoires – tout en voyant combien cela coûterait aux trésors publics – mais aussi prévoir l'étiquetage obligatoire de l'endroit de l'abattage des animaux et de l'endroit où a eu lieu la transformation ». Sa collègue social-démocrate britannique, Linda McAvan, a dénoncé le « trop grand nombre d'intermédiaires dans le secteur de l'alimentation qui nous fait perdre tout contrôle de la situation». Si le conseil des ministres dit que cela coûterait trop cher de prévoir un étiquetage obligatoire de l'origine des produits alimentaire transformés, a-t-elle affirmé, « qu'il nous dise combien cette crise nous a déjà coûté jusqu'ici ! ». Tout en regrettant que depuis 2006 le nombre d'inspections-surprise a diminué au profit des contrôles annoncés à l'avance dans les centres de découpages de viande, l'eurodéputée britannique a demandé au commissaire européen : « Qu'envisagez-vous exactement dans vos futures propositions ? D'autres mesures d'auto-régulation encore ? ». Le Vert suédois, Karl Schlyter, a, quant à lui, suggéré de « multiplier les contrôles aléatoires publics dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire » et d'encourager le commerce local « pour favoriser une chaîne approvisionnement alimentaire plus courte entre les producteurs et les consommateurs ». Il a également souhaité d'accorder la priorité aux produits frais. Pour James Nicholson (conservateur britannique), ce scandale de la viande de cheval a eu au moins un mérite : faire revenir le consommateur chez son boucher du coin. « C'est le grand message que les consommateurs nous ont envoyé », a-t-il indiqué. Selon lui la chaîne approvisionnement alimentaire « est trop longue ce qui fait que les pressions sur les prix deviennent incontournables. La bonne alimentation n'est pas bon marché, la bonne alimentation vaut cher».
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