Quelques heures avant le vote par les eurodéputés du règlement amendé sur les allégations nutritionnelles et de santé, le 26 mai, les partisans et les opposants aux profils nutritionnels jettent leurs dernières forces dans la bataille pour infléchir le rapport de force.
A la veille du vote par le Parlement européen, le 26 mai, en première lecture, du règlement sur les allégations nutritionnelles et de santé, des forces contradictoires s’exercent sur les députés. Certains industriels, avec le soutien de la grande distribution, tentent d’obtenir la suppression des profils nutritionnels comme base pour autoriser ou non les allégations, ces messages qui vantent les mérites pour la santé des aliments.
Leur principal argument : « Il n’existe pas de bon ou de mauvais aliment en tant que tel ». « Si le but est de stimuler des habitudes nutritionnelles plus saines, le commerce croit qu’il est un préalable : adresser des messages fondés à des consommateurs éduqués », résume Xavier Durieu, le secrétaire général d’Eurocommerce, l’association représentative de la grande distribution, à Bruxelles.
Et la grande distribution d’ajouter : « Toutes les catégories d’aliments doivent pouvoir porter une allégation si tant est qu’elle soit fondée scientifiquement et bien communiquée. »
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Propriété intellectuelle
Par ailleurs, le commerce attaque l’industrie agroalimentaire sur un point particulièrement sensible : la protection de la propriété intellectuelle. Alors que le règlement prévoit de protéger les produits innovants porteurs d’une allégation pendant 7 ans, Eurocommerce demande de limiter cette période à 3 années seulement. « Cela permettrait au consommateur moyen d’avoir accès aux dernières technologies dans le domaine alimentaire », se prévaut la grande distribution.
A l’opposé de ces arguments, les associations de consommateurs se retrouvent avec une approche « éthique » défendue par quelques industriels. Le Beuc, qui représente les associations de consommateurs dont l’UFC-Que choisir ou le CLCV, lutte contre les allégations comme « favorise le transit intestinal » ou « bon pour les os et la concentration » qui seraient possibles si la version révisée du règlement passait telle que la commission parlementaire l’a modifiée.
« Ce vote constitue le premier challenge consumériste pour ce nouveau Parlement», prévient Jim Murray, le directeur du Beuc. « Les produits trop riches en matières grasses, sucres et sel ont certes un bon goût et peuvent être consommés occasionnellement mais ne doivent pas être promus comme étant sains», ajoute-t-il.