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Marchés agricoles mondiaux Les Européens veulent s’attaquer à la volatilité « extravagante » des prix

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La volatilité du prix des denrées alimentaires est un problème mondial qui doit encore faire l’objet d’une « attention soutenue », selon les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Une volatilité « extravagante » liée à la spéculation, selon le président français Nicolas Sarkozy, qui veut s’y attaquer lors de sa prochaine présidence du G20. En la matière, un projet de rapport du Parlement européen plaide pour « une action européenne plus hardie ».

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, réunis les 28 et 29 octobre à Bruxelles, devaient, selon le projet de conclusions de leurs débats, souligner que, même si l'économie mondiale « est en train de surmonter la crise », « il subsiste un certain nombre de questions qui doivent faire l'objet d'une attention soutenue », parmi lesquelles « la volatilité du prix des denrées alimentaires sur les marchés mondiaux ». Selon le projet de conclusion de leurs débats, l’UE insistera aussi lors du prochain sommet du G20 (1), les 11 et 12 novembre à Séoul, sur la nécessité de « maintenir l'ouverture des marchés, d'imprimer un nouvel élan aux négociations de Doha », de « s'abstenir de toute forme de protectionnisme » et d’« éviter de faire fluctuer les taux de change pour obtenir des avantages concurrentiels à court terme ».

« La loi de la spéculation »

La France qui, succédant à la Corée, prendra dans quelques semaines la présidence du G20 et du G8 (2), veut ouvrir le « chantier » de la « volatilité extravagante des prix des matières premières », a confirmé Nicolas Sarkozy le 23 octobre lors du 13e sommet de la francophonie, à Montreux.
Si « les prix de certains produits alimentaires ont brutalement explosé » en 2008, « ce n'est pas la loi du marché, c'est la loi de la spéculation, c'est la loi du refus de la transparence, c'est la loi de l'intérêt de quelques-uns sans que personne ne puisse dire où vont des milliards de dollars qui sont soustraits aux Etats, aux producteurs et aux pays », a déploré le président français. « Cette situation ne peut pas durer parce qu'elle générera des guerres et des affrontements », a-t-il averti.
Le sommet du G20 sous présidence française se tiendra en novembre 2011 à Nice.

« Une action européenne plus hardie »

Face à l’interdépendance croissante des marchés financiers et agricoles, « une réponse européenne n'est à elle seule plus suffisante » et l’UE « doit agir de concert avec les pays tiers et les organisations internationales pour lutter contre les problèmes de la volatilité des prix et de la sécurité alimentaire », selon un projet de rapport d’initiative de la commission de l’agriculture du Parlement européen.
L’instabilité des cours des matières premières est, « dans une large mesure, le résultat de la spéculation », souligne l’auteure de ce projet, Daciana Sarbu, socialiste roumaine, qui « observe que les comportements spéculatifs entrent pour plus de 50 % dans les récentes hausses de prix ».
La députée prône « une action européenne plus hardie pour lutter contre le problème de la spéculation, notamment en donnant aux autorités de régulation et de surveillance la mission de limiter la spéculation ». Elle estime notamment que les produits dérivés sur les matières premières « ne devraient être négociés que par des opérateurs dont les intérêts légitimes les portent à protéger les marchandises agricoles contre les risques et par d'autres catégories de personnes ayant un lien direct avec la production agricole réelle ».

(1) Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne
(2) Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada, Russie, plus l’Union européenne

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