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Biocarburants Les évaluations de Bruxelles dénoncées par les producteurs européens de biodiesel

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Les producteurs de biodiesel de l’UE mettent en avant deux études tendant à démontrer que le rapport de l’IFPRI sur lequel s’appuie la Commission européenne pour traiter la question du changement indirect d’affection des terres provoqué par la production de biocarburants ne peut servir de base de référence sérieuse (1).

«Le modèle retenu par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) est très problématique, et le résultat est que les émissions liées au changement indirect d’affection des terres (ILUC) sont grandement surestimées », a déclaré le 7 octobre l’auteur d’une étude sur le sujet, Don O’Connor, de (S&T)2 Consultants Inc, lors d’une conférence de presse organisée par le Bureau européen du biodiesel (EBB) avec le soutien de l’Alliance européenne des oléagineux (EOA). Les faiblesses supposées de l’analyse de l’IFPRI, sur laquelle, selon l’EBB, s’appuient les services de la Commission européenne pour proposer éventuellement, d’ici la fin de l’année, un nouveau critère de durabilité des biocarburants, ont également été épinglées par des chercheurs de l’université de Kiel.

« Déplorable »
L’EBB juge « déplorable » que la Commission procède aujourd’hui à son évaluation de l’impact potentiel, « pourtant très discutable », du changement indirect d’affection des terres sur les émissions de gaz à effet de serre du biodiesel sur la base de l’étude de l’IFPRI. Son secrétaire général, Raffaello Garofalo, a ainsi affirmé que « l’un des paradoxes des pénalités législatives liées à l’ILUC contre le biodiesel de l’UE serait que le biodiesel importé issu de l’huile de palme, produit non pas en Europe mais dans des pays où existe la déforestation, deviendrait probablement la source d’approvisionnement la plus facile et la moins chère, si ce n’est la seule autorisée en pratique ».
L’impact positif des sous-produits protéiniques du biodiesel est sous-estimé par l’étude de l’IFPRI qui utilise une méthode partiellement fondée sur des données spécifiques à l’agriculture américaine, font également valoir les producteurs européens.
Selon l’EBB, les principales options actuellement envisagées par les services de la Commission favorisent deux « approches radicales » qui « détruiraient la plus grande partie de l’industrie européenne du biodiesel » : soit une fort relèvement du seuil de réductions d’émissions de CO2 exigées, soit l’application de facteurs ILUC qui auraient le même effet à long terme.

(1) Voir n° 3313-14 du 05/09/11

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