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Économie Les exploitations céréalières françaises ont « un peu perdu en part de marché »

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Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture le répète à qui veut l’entendre. La France de l’agroalimentaire qui détenait la « pole-position » en Europe est aujourd’hui reléguée en troisième position. Les exploitations de grandes cultures ne font pas exception à cette tendance. « Nos exploitations agricoles céréalières ont un peu perdu, environ deux points en termes de parts de marché », a expliqué Vincent Chatellier, chercheur à l’Inra lors du colloque « Producteurs de grandes cultures : proactifs et réactifs » organisé, le 2 février par CER France, Pluriagri et Arvalis.

«On parle beaucoup de l’Allemagne » comme exemple économique, confiait Vincent Chatellier, chercheur à l’Inra, le 2 février lors du colloque « Producteurs de grandes cultures : proactifs et réactifs ». Et, « c’est vrai que les exploitations céréalières allemandes ont plutôt gagné des parts de marché par rapport aux nôtres même si notre efficacité économique est comparable à celle de l’Allemagne et du Royaume-Uni », a-t-il ajouté. « Nos exploitations agricoles céréalières ont un peu perdu, environ deux points en termes de parts de marché », explique-t-il. « Un de nos handicaps est la hausse modérée de la SAU par rapport à l’emploi agricole (UTA) dans nos exploitations », souligne le chercheur. Mais il y a d’autres freins. La production agricole par UTA progresse peu. Et surtout, « le niveau de revenu est très dépendant des aides, de manière durable », explique le chercheur.

Forte dépendance aux aides
Les conséquences du bilan de santé sur les grandes cultures se chiffrent déjà à une baisse de 20 % à 22 % du total des aides par hectare. Un chiffre qui a été rappelé lors du colloque. Dans la perspective de la réforme de la Pac de 2013, Vincent Chatellier, de l’Inra est formel : « Deux tiers des exploitations de grandes cultures ne supporteront pas une baisse de 35 à 40 % des aides ». Alors que tout semble indiquer une « réorientation massives des aides Pac après 2013 », « le diable sera dans le détail », prévient le chercheur qui insiste sur l’impact de cette mesure. « Ceux qui pensent changer les modalités de distribution des aides devront regarder de près les conséquences de ces modifications », a-t-il ajouté.

Externaliser
Le chercheur a aussi insisté sur « le montant élevé des dotations pour investissement » pour les exploitations de grandes cultures françaises. À ce sujet, pour le réseau CER France, les marges de manœuvre pour aborder la réforme de la Pac de 2013 en position de force, passent « désormais plus par les partenariats que par l’investissement anticipé ». Jusqu’ici le développement des exploitations a toujours fonctionné par un report sur les années futures de l’anticipation des investissements. Mais les années futures sont devenues incertaines. Donc il faut changer de « vision » et promouvoir une « exploitation flexible », a expliqué Jean-Marie Séronie. « Il faut notamment se libérer de l’inertie patrimoniale ». Sans oublier la nécessité de trouver des marchés pour augmenter la valorisation des produits tout en maîtrisant, ou mieux, en réduisant ses coûts.

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