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Recensement Les exploitations se spécialisent et se professionnalisent

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Agreste Primeur révèle dans une étude démographique la continuité du mouvement de concentration et d’agrandissement des exploitations françaises. Cette tendance s’accompagne désormais d’une refonte de la masse salariale des entreprises agricoles qui tend désormais vers plus de professionnalisation.

Selon une étude récemment publiée par Agreste Primeur, la concentration des productions se conjugue à un agrandissement des exploitations. La baisse du nombre d’exploitations dont la production brute standard (PBS) ne dépasse pas les 100 000€ a en effet franchi les 3,5% par an entre 2000 et 2010, tandis que le nombre de grandes exploitations dont le PBS est compris entre 100 et 250 000€ perdait 1,1%. Cette contraction, au profit des très grandes exploitations, trahit non seulement une concentration, mais aussi une tendance à la spécialisation de l’agriculture française qui ne cesse de se confirmer. Le nombre d’exploitations non spécialisées est en effet passé de 14,1% à 12,6% en 10 ans. Ce glissement ne date d’ailleurs pas des années 2000. De 1988 à 1999, la part des exploitations non spécialisées avait déjà reculé de 2,7 points. Mis à part en légumes, les productions se trouvent donc être de plus en plus concentrées dans les exploitations spécialisées, notamment en ce qui concerne les vignes. En 2000, 89,8% de la viticulture était concentré dans des exploitations spécialisées ; aujourd’hui la concentration dépasse les 92%. A contrario, la production céréalière reste la mieux répartie (à 43,8%), mais elle affiche tout de même une progression de sa concentration de l’ordre de 4,8% par rapport à 2000. Du côté des cheptels, les vaches se singularisent par un taux de concentration plus faible que les autres animaux (67% pour les bovins lait, 55,7% pour les bovins viande). En ce qui concerne les productions laitières, porcines et avicoles, cette concentration se retrouve aussi dans la répartition géographique. La Bretagne représente en effet 56,8% des effectifs porcins, et 19,8% du nombre de vaches laitières, contre respectivement 55 et 18,7% il y a un an.

Le potentiel de production accaparé par les grandes exploitations

L’élevage laitier spécialisé représente d’ailleurs le secteur ou la progression de la dimension économique est la plus élevées (3,6%/an). Cette évolution profite en premier lieu aux grandes exploitations qui totalisent désormais 80% du potentiel de production, contre 73% en 2000. Les très grandes exploitations en rassemblent 45% à elles seules, contre 37% il y a 10 ans. Cependant cette dimension économique prenant en compte la production brute standard exclut entièrement les aides et les charges et ne peut donc être assimilée à un chiffre d’affaires ou au revenu des exploitations. A l’inverse, le volume de travail a, lui, diminué de 21% depuis 2000, un repli tout de même moindre comparé à celui constaté entre 1988 et 2000(- 34%). Cette baisse se conjugue avec une métamorphose de l’organisation du travail. Le travail salarié est effectivement passé de 24 à 28% et souffre d’un manque de renouvellement. La part d’actifs de moins de 40 ans diminue d’ailleurs fortement. L’étude menée par Agreste Primeur révèle en outre une professionnalisation du métier du fait d’une diminution des actifs familiaux. En outre, les trois quarts des exploitants ont moins de 40 ans, et 18% d’entre eux ont une formation de niveau supérieure. Dans ce contexte, les saisonniers prennent une part de plus en plus importante, les besoins de flexibilité et de réactivité sur un certains nombre de production favorisant ce type de contrat.

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