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Vins et spiritueux Les exportations de vins et spiritueux ont reculé de 16,9 % en 2009

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Les exportations françaises de vins et spiritueux ont enregistré un fort recul en 2009 : à 7,74 milliards d’euros, elles ont reculé de 16,9 % par rapport à 2008. Les ventes à l’étranger se sont particulièrement contractées lors du premier semestre, dans la lignée de fin 2008. Une évolution à mettre en rapport avec un phénomène de déstockage, et qui s’est accompagnée d’un report sur une offre d’entrée de gamme, alors que la France exporte traditionnellement plutôt du haut de gamme. A noter cependant, la forte progression des exportations en Chine (+22,8 %) et à Hong-Kong (+35,1 %) qui confirme le rôle nouveau que joue la « Grande Chine » dans les exportations françaises de vins et spiritueux, se plaçant en troisième position.

Si le secteur des vins et spiritueux, avec un excédent commercial de 6,5 milliards d’euros, reste le troisième contributeur net à la balance commerciale de la France, il n’en a pas moins souffert de la crise. La chute des exportations, déjà amorcée fin 2008, s’est poursuivie au premier semestre (-24,6 % à fin juin 2009). Une fin d’année plutôt meilleure n’aura pas suffi à redresser la barre et l’année 2009 s’est achevée sur une chute des exportations de 16,9 % par rapport à 2008, à 7,74 milliards d’euros. Les vins ont reculé de 8,2 % en volume et 18,8 % en valeur, à 5,47 milliards d’euros. Les spiritueux ont enregistré -8,6 % en volume et -11,9 % en valeur, à 2,24 milliards d’euros. Et les perspectives 2010 sont loin d’assurer un retour à une croissance soutenue. Claude de Jouvencel, président de la fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), table sur une reprise « maigrelette » de 5 % au mieux. « Le mois de janvier a été bon, mais février est plutôt calme », a-t-il précisé le 18 février.
La mauvaise performance des exportations de vins et spiritueux s’explique par le ralentissement de l’économie mondiale qui a notamment entraîné un déstockage massif au premier semestre et par un taux de change défavorable pour l’euro, mais pas seulement. Le report de la demande sur une offre d’entrée de gamme n’a pas forcément servi les produits français, traditionnellement plutôt haut de gamme à l’export. Ainsi, le champagne a reculé de 21,8 % en volume et 27,9 % en valeur tandis que les autres mousseux ont perdu 3,4 % en volume et 1 % en valeur. De même, le recul des vins de pays/IGP et des vins sans IG s’est avéré moindre que celui des vins tranquilles AOC/AOP.
En ce qui concerne les spiritueux, seule la vodka a bien résisté à la crise, avec une progression de 12,8 % en volume et 13,7 % en valeur.

Des marchés concentrés
Si la France exporte ses vins et spiritueux dans 190 pays, la concentration de ses courants d’export n’en est pas moins forte. Les 10 premiers marchés absorbent 75 % des exportations et les 20 premiers 89 %. L’UE, qui représente 49 % des exportations a chuté de 22,6 % en valeur (contre 17,4 % pour les pays tiers) expliquant largement le ralentissement observé en 2009. Les deux principaux marchés que constituent les Etats-Unis (17,3 % des exportations françaises de vins et spiritueux) et le Royaume Uni (15,7 %) ont fortement reculé cette année, avec respectivement -22,7 % et -20,2%.
L’Asie confirme son émergence comme débouché incontournable des exportations. La Grande Chine (Chine, Singapour qui est passé devant le Japon, Hong Kong, Taiwan, Macao) représente ainsi la troisième destination des exportations françaises de vins et spiritueux. Un marché en progression, + 11%, à 941 millions d’euros. Un dynamisme notamment dû à la Chine (+22,8 %) et à Hong Kong (+35,1%), toujours dopé par la suppression des taxes d’importation début 2008, mais qui ne suffit pas à compenser les pertes des marchés européens et nord-américains.

Vin : l’Allemagne souffre moins
Sur le marché des vins et champagne, l’Allemagne a devancé le Royaume-Uni en volume en 2009, même si ce n’est que le troisième débouché en valeur. Le faible recul en volume de l’Allemagne (-1,9 %) par rapport au Royaume-Uni (-18,4%) confirme la meilleure santé de l’offre d’entrée de gamme, plus présente en Allemagne. Le Royaume-Uni reste le premier débouché de la France en valeur (avec 1,07 milliard d’euros, il représente 19,6 % des exportations françaises de vin en valeur), mais il a perdu 23,1 % en 2009. En cause notamment, la forte pression de la grande distribution sur les prix, la baisse de la consommation dans le réseau CHR et le taux de change. Les Etats-Unis ont reculé de 10,3 % en valeur et l’Allemagne de 7%.

Les Etats-Unis pèsent sur les spiritueux
Les Etats-Unis restent de loin le premier débouché des exportations françaises de spiritueux (28,4 % en volume et 30,5% en valeur). Elles y ont reculé en 2009 de 2,9 % en volume et 13,7 % en valeur. A noter, la bonne tenue du Royaume-Uni (+13% en volume et +11,1% en valeur). Comme pour les vins, c’est l’Asie qui tire le marché, sans compenser toutefois les pertes en Europe et en Amérique du Nord.

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