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Nutrition animale Les Fab doivent s’adapter aux nouvelles demandes des éleveurs et de la société

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Qu’ils le veuillent ou non, les fabricants d’aliments du bétail (Fab) sont pris entre deux feux : d’un côté des éleveurs désireux de trouver des conseils technico-économiques solides, de l’autre, des consommateurs de plus en plus préoccupés de l’origine de leur alimentation. Ils n’auront pas d’autre solution que de s’adapter. C’était l’un des messages de la formation organisée par l’Aftaa le 1er juin.

«L’usine n’est pas forcément l’avenir du fabricant d’aliment ». C’est sur un ton plutôt provoquant que Philippe Cazes, de l’IMPC (institut d’études et de conseil en développement spécialisé en agriculture), a interpellé les participants à la journée de formation organisée par l’Aftaa (Association française des techniciens d’aliments du bétail), le 1er juin, à Paris. Pour le professionnel, les fabricants vont devoir apprendre à satisfaire les besoins en conseils technico-économiques des agriculteurs. « La production et la vente de services doit devenir un cœur de métier, un domaine d’activité stratégique à part entière », a expliqué Philippe Cazes. Selon lui, les fabricants ont une vraie place à prendre, car aucun des relais habituels de l’éleveur, que ce soit le contrôle laitier ou le centre de gestion, n’a une totale légitimité en ce qui concerne le conseil technico-économique. Mais la route sera probablement parsemée d’embûche. « Aujourd’hui, les Fab ne sont pas perçus comme un conseil important dans l’élevage, a-t-il commenté. Les éleveurs estiment qu’ils font passer leur intérêt avant les leurs, qu’ils pensent “à faire du tonnage”. Les commerciaux ne sont pas ressentis comme très honnêtes ».

Un consommateur toujours plus exigeant
Autant de points sur lesquels les industriels vont devoir travailler. Pour Philippe Cazes, « le seul vrai facteur limitant est d’ordre managérial, car dans 90 % des cas, les équipes de vente ne sont pas prêtes ». Ce qui va imposer une réorganisation du temps de travail et des missions.
L’autre défi que les fabricants vont devoir relever va concerner le consommateur. « Pour ce dernier, ce qui est bon est naturel, et par opposition, ce qui est industriel est considéré comme artificiel donc mauvais », a indiqué Alain Blogowski, secrétaire interministériel du CNA (Conseil national de l’Alimentation). S’ils savent ce qu’ils veulent, les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher pour autant. Il n’empêche : leurs demandes conditionneront demain l’accès au marché. « Elles vont descendre sur le distributeur, l’industriel, le collecteur, l’agriculteur mais aussi sur le secteur de la nutrition animale », a prévenu Alain Blogowski. De fait, la généralisation des discours sur la santé a déjà des effets, estime le spécialiste : « De plus en plus, le consommateur se demande ce que l’animal qu’il mange a mangé ». Cela, même si l’épidémie de la vache folle n’est plus qu’un souvenir.

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