L’industrie de l’alimentation animale estime ne contribuer que pour une faible part aux émissions directes de gaz à effet de serre. C’est ce que ses représentants ont constaté lors du symposium du Centre technique de l’alimentation animale (Tecaliman) organisé jeudi 5 mars à Nantes. Par contre, les fabricants d’aliments se situent au centre de la filière d’élevage et peuvent donc jouer un rôle important dans une démarche de développement durable.
Dans la fabrication d’alimentation animale, les émissions de gaz à effets de serre (GES) seraient dues pour plus de 80% à la production des matières premières agricoles. Alors que l’élevage est régulièrement attaqué pour sa forte contribution aux émissions de GES, un symposium du Centre technique de l’alimentation animale (Tecaliman) organisé jeudi 5 mars, a permis de faire le point sur la contribution de la nutrition animale à ces émissions. A cette occasion, les fabricants d’aliments ont appelé les chercheurs à préciser le bilan carbone de chaque matière première (produite en France ou à l’étranger). Cette précision pourrait aider les formulateurs dans un choix plus durable d’ingrédients, même si, de l’aveu de tous, le critère économique restera toujours prépondérant.
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Un outil de compétitivité
Les conditions de production des matières premières ont un impact sur le bilan carbone des industriels de l’alimentation animale, mais la composition de l’aliment influence également les rejets des animaux. C’est pourquoi une harmonisation des mesures et la définition de critères communs reconnus par tous sera également une étape importante de la mise en place de démarche de développement durable au sein de toute une filière. D’autant que la prise en compte du développement durable pourrait en effet être un levier pour gagner en compétitivité. « L’agriculture française a tout intérêt à introduire une valeur “carbone” et une valeur “eau” dans l’économie de marché, même si au premier abord cela peut paraître contraignant », estime Jean-Pierre Tillon, directeur scientifique de l’Union InVivo. Selon lui, c’est le meilleur moyen de lutter contre les importations venant des pays tiers.