Abonné

Alimentation animale Les fabricants d’aliments attendent une simplification des contrôles

- - 4 min

Lors de l’assemblée générale du Snia qui se tenait à Aix-Les-Bains le 25 mai, la question des contrôles était une des priorités. Le mot d’ordre des fabricants d’aliments est de repousser les contrôles en attendant une validation définitive de leur simplification par les pouvoirs publics.

«Aujourd’hui, il y a un mot d’ordre chez les fabricants d’aliments qui est de dire, on repousse les contrôles en attendant la validation définitive de l’INAO et des pouvoirs publics des protocoles qui ont été élaborés au sein des filières », explique Alain Guillaume, président du Snia (Syndicat national de l’industrie animale). Lors de l’assemblée générale du Snia qui se tenait à Aix-Les-Bains le 25 mai, la question des contrôles était une des priorités. Jusqu’à aujourd’hui, les fabricants d’aliments sont soumis à deux types de contrôle par cahier des charges. « Concrètement, une usine qui fabrique pour 20 ou 25 cahiers des charges différents, dans le système actuel, a autant d’audits de contrôle complet par an », explique-t-il. Pour les fabricants, la multiplication de ces audits dans une même usine, est « une perte de temps, d’argent et d’efficacité ». Il y a un mois, le Snia a soumis aux pouvoirs publics et à l’INAO un protocole technique de contrôle simplifié. « Les autorités ont réaffirmé que c’est à nos fournisseurs qu’il revient de garantir la qualité des matières premières. Nous y veillerons et Oqualim s’est révélé pour cela un outil précieux », poursuit le président du Snia. Le guide des bonnes pratiques d’Oqualim, association à l’initiative de Coop de France Nutrition Animale et du Snia qui vise à améliorer la sécurité et la qualité des aliments pour les animaux, certifie aujourd’hui 160 usines de fabrication d’aliments composés, soit environ 80% du tonnage fabriqué. Le nouveau protocole de contrôle qui s’appuyera sur la démarche Oqualim devrait être validé, « c’est une question de temps ». En attendant cette échéance, le président appelle les fabricants d’aliments à repousser les contrôles dans le système actuel trop coûteux. L’accueil plutôt positif des pouvoirs publics pour simplifier ces démarches montre qu’ils ne sont pas totalement étanches à la simplification des démarches administratives. C’est un signal plutôt optimiste lorsque les professionnels de nombreuses filières montrent du doigt les surcoûts et le bâton dans les roues que peuvent représenter certaines démarches administratives.

Vigilance sur l’ensemble de la filière

D’autres dossiers prioritaires sont spécifiques à l’amont des filières animales. C’est le cas notamment des questions de logistique. « Pour notre profession et ses camions spécialisés pour la livraison, ramener la charge à l’essieu de 13 tonnes à 12 tonnes réduirait à néant le bénéfice obtenu par l’autorisation des 44 tonnes », souligne Alain Guillaume. Il n’empêche que les professionnels du Snia ont aussi des préoccupations plus globales. Ils insistent sur la nécessité de sortir l’élevage français de la léthargie dans laquelle il se trouve. « Le tonnage d’aliments produits pour les animaux, c’est un chiffre parmi d’autres, mais c’est un excellent indicateur », raconte Alain Guillaume. Or en 2011, nos voisins allemands sont devenus leaders européens de la fabrication d’aliments. En France le tonnage produit en 2011 a diminué (-0,8% en volume). Pour le Snia, les arguments conjoncturels avancés ne suffisent malheureusement plus à justifier ce constat. « Il y a aussi un problème structurel. Les élevages ont besoin de se moderniser », insiste le président. Trop de pression sociétale, trop de démarches administratives…l’énumération des contraintes auxquelles sont soumis les éleveurs pour se restructurer est inquiétante. « L’avenir des fabricants d’aliment est lié à l’avenir de l’élevage », rappelle le président du Snia. Et de conclure qu’ « il faut simplifier les démarches. C’est trop complexe ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.