Année 2014 difficile pour les fabricants de jus de fruits, avec d'un côté une baisse de la consommation liée à la crise et de l'autre la hausse des coûts des matières premières et l'effet dollar. Pour autant, la tendance est à la montée en gamme, ce qui n'est pas pour déplaire à la profession.
Selon Thomas Gauthier, délégué général d'Unijus (1), « 2014 a été une année compliquée pour des raisons conjoncturelles et structurelles », ainsi qu'il l'a déclaré lors d'une conférence de presse, le 23 avril. Alors que la matière première représente entre 60 et 80 % du coût d'un jus de fruit, le déséquilibre des taux de change, ajouté à la raréfaction de la disponibilité de certains fruits pour les jus, a entraîné des hausses de coûts de production pour les fabricants, qu'ils n'ont pas répercuté sur les prix auprès des distributeurs, rognant ainsi sur leurs marges. « Beaucoup envisagent déjà un gel des investissements et des embauches, voire des plans de restructurations », prévient d'ailleurs l'interprofession du jus de fruit. A noter que la baisse de l'euro a mécaniquement renchéri de 25 % le coût des matières premières en l'espace d'un an. Et depuis le début de l'année, la hausse est de 20 % pour un pur jus d'orange.
UNE CONSOMMATION EN RETRAIT
En 2014, la consommation de jus de fruits par les Français s'est un peu tassée, à 23 litres par an et par personne, en léger retrait de 2,69 % par rapport à 2013, a indiqué Unijus. Selon une enquête du Credoc sur les comportements et consommations alimentaires des Français menée tous les trois ans depuis 2004, la perte de consommation est surtout visible chez les jeunes et les adolescents (de 3 à 14 ans), dont 72 % consomment des jus, contre 75 % en 2010. Le petit déjeuner, moment traditionnellement privilégié de consommation du jus de fruit, est en déclin pour les enfants et les adultes, de plus en plus nombreux à « sauter » le petit déjeuner. Un comportement qui n'est pas étranger à la crise. Alors que 89 % des enfants prenaient un petit déjeuner en 2003, ils ne sont plus que 71 % en 2013. Un constat inquiétant selon l'étude et qui pourrait expliquer en partie la dégradation de la couverture des besoins en vitamine C et d'autres nutriments observée au fil des enquêtes.
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LE DRIVE BIEN ORIENTÉ
Parmi les autres leçons à retenir sur le marché des jus de fruits en 2014, à noter également le fort développement du drive, un circuit qui progresse de 24,4 % en un an, les grandes et moyennes surfaces (drive compris) confirmant quant à elle leur place de premier circuit de distribution de jus de fruit avec 69 % des jus vendus (+1,7 %). Autre fait marquant de l'année écoulée : la hausse des purs jus, qui représentent désormais 56,2 % de parts de marché volume en grande distribution, alors que les jus à base de concentré et les nectars reculent. Bonne tendance également pour les jus bio, dont les ventes en volume ont progressé de 10 % en 2014 et la part de marché volume doublé en cinq ans à 6,13 % en grande distribution.
(1) L'Union Nationale interprofessionnelle des jus de fruits regroupe 32 adhérents et représente plus de 85 % des volumes de jus de fruits et nectars consommés en France.