Président à la fois du syndicat français et de la confédération européenne des spiritueux, Philippe Mouton plaide pour un « marketing responsable » permettant de contribuer à la prévention de l’abus d’alcool. Il s’oppose en revanche à un étiquetage obligatoire du type de celui en vigueur pour le tabac.
Les fabricants européens de spiritueux prennent position en faveur d’un code de bonne conduite en matière de publicité pour l’alcool et s’opposent à des mesures obligatoires comme des avertissements sur les bouteilles. Avant la parution cet automne d’un « Livre Blanc » de la Commission européenne sur la stratégie à mettre en œuvre pour réduire les dommages causés par l’abus d’alcool, le président de la Confédération européenne des producteurs de spiritueux (CEPS) Philippe Mouton dénonce l’idée de mettre en garde contre les dangers de l’alcool sur les bouteilles commercialisées dans l’UE, à l’image des avertissements sur les paquets de cigarettes. Cette préconisation est contenue dans un rapport de l’Institute of Alcohol Studies de Londres, commandé par la Commission européenne.
« Il y a une différence entre le tabac et l’alcool car la cigarette est nocive dès la première bouffée alors que la première gorgée d’alcool ne l’est pas », a déclaré à l’AFP M. Mouton, par ailleurs président de la Fédération française des spiritueux (FFS), qui regroupe 150 fabricants réalisant 5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Pour une charte marketing responsable
Les producteurs européens souhaitent plutôt que le « Livre Blanc » retienne l’idée de la charte de « marketing responsable » pour une « bonne conduite » en matière de publicité et de promotion, qu’ils ont récemment adoptée.
Cette charte, qui doit être appliquée dans les 25 pays européens avant 2010, implique notamment que 75 % de la communication commerciale comporte un message de consommation responsable, ce qui est déjà le cas en France.
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La CEPS vient d’adresser une «mise en garde » à l’entreprise allemande Berentzen, pour une publicité jugée sexiste – assimilant les femmes à des ballons – de sa vodka «Pouchkine» effectuée à l’occasion de la Coupe du monde de football.
M. Mouton affirme que Kronenbourg, qui vient de se voir interdire une publicité pour sa bière 1664, « aurait été bien inspiré de se conformer au code de bonne conduite » adopté en France par la grande majorité des professionnels du secteur, qui prévoit notamment que « toute allusion à une réussite sociale ou sexuelle est bannie ».
La FFS recommande également à ses adhérents de se mettre en conformité le plus rapidement possible avec la réglementation qui prévoit, à partir de cet été, l’apposition sur les étiquettes d’un pictogramme ou d’un message sanitaire mettant en garde les femmes enceintes contre les dangers de l’alcool, une première en Europe.
Par ailleurs, M. Mouton n’est pas contre une éventuelle interdiction totale de fumer dans les lieux publics, même les bars-tabacs, que le gouvernement français pourrait décider avant la fin de l’année. « Les expériences irlandaise, italienne, belge ont montré que cela n’a pas d’effet sur la fréquentation des pubs et des cafés, et donc sur la consommation d’alcool», dit-il.