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UE/Aides PAC Les fabricants de sucre ont payé plus qu’ils n’ont reçu

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Cités en tête des plus gros bénéficiaires des aides de la Politique agricole commune, les industriels du sucre tiennent à rappeler que le Fonds de restructuration qui a été créé pour la réforme de l’OCM et qu’ils ont du alimenter eux-mêmes n’a couvert que partiellement le coût des fermetures que leur a imposé la nouvelle politique sucrière de l’UE.

Les groupes sucriers ont figuré l’an dernier parmi les plus gros bénéficiaires de la Politique agricole commune (PAC) européenne, selon des listes rendues publiques par la plupart des pays de l’UE. En France, trois d’entre eux ont reçu en 2008/09 les montants les plus importants: Tereos avec 177,9 millions d’euros, Saint Louis Sucre avec 143,7 M EUR et Cristal Union avec 57,2 M. Ils ont relégué au quatrième rang le volailler Doux (56,4 M EUR), en tête de liste l’année précédente. Et plusieurs autres groupes sucriers apparaissent dans le « top 30 » des bénéficiaires français, tels Eurosugar, Gardel, Sucrière de la Réunion ou Sucrerie de Bois Rouge, avec des montants compris entre 10 et 29 M EUR.
En Espagne, c’est également un sucrier, Azucarera Ebro, qui occupe la première place du classement, avec 119,4 M EUR. Et en Allemagne, le premier sucrier mondial Südzucker pointe en deuxième place avec 42,9 millions, derrière le groupe laitier Nordmilch (51,1 M EUR).
Comme il ne fait pas bon être catalogué parmi les privilégiés, les fabricants de sucre ont tenté de corriger l’impression que laisse la publication de la liste des bénéficiaires de ces aides tout à fait exceptionnelles qui sont liées à un tournant de la politique sucrière européenne. En France, le Syndicat national des fabricants (SNFS) rappelle ainsi qu’en 2008/09 l’industrie sucrière a reçu des aides « qui n’ont couvert que partiellement les coûts d’une restructuration qui lui a été imposée par la réforme de l’OCM sucre ». Comme l’indique en effet le ministère de l’Alimentation et de l’agriculture sur son site, ces aides proviennent d’un Fonds de restructuration alimenté par les sucreries elles-mêmes.

Un reliquat de 640 M EUR
La réforme décidée en 2006 a conduit, rappelle le SNFS, à fermer en deux ans 76 sucreries en Europe (sur un total de 183) et un Fonds a été créé pour prendre en charge en partie le coût des abandons de quotas et des fermetures d’usines ainsi que le versement d’indemnités aux planteurs. Financé par les fabricants sur la base de leur quota, il a été fortement alimenté par les sociétés françaises et allemandes et à l’issue de ce processus, il subsistera même un reliquat important de 640 millions d’euros reversé au FEAGA (Fonds européen agricole de garantie).
En France, où la filière a dû abandonner plus de 680 000 tonnes de quotas (sur un total de 3,6 MT), les indemnités ont été reversées en 2008/09 aux fabricants et aux planteurs de betteraves affectés par la réforme de 2006/07 à 2008/09. Mais les fabricants français de sucre ont participé plus à la constitution de ce fonds qu’ils n’ont retiré de bénéfices au travers de ces indemnisations, plaide la profession.

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