Abonné

Organisation professionnelle Les fabricants et préemballeurs de pâtes pressées créent un syndicat d’entreprises

- - 4 min

13 fabricants et préemballeurs de fromages à pâte pressée ont fondé récemment un syndicat, le SFPP, appelé à prendre le relais du Syndicat interprofessionnel du gruyère français pour les actions menées en direction du marché (communication, recherche et développement…).

Le SFPP, Syndicat des fromages à pâte pressée, a été porté sur les fonts baptismaux au mois d’avril dernier par les producteurs et préemballeurs d’emmental et de fromages tels la raclette, qui n’étaient pas jusque là du ressort du SIGF, l’interprofession du gruyère français, en charge de la défense de l’emmental, du comté et du beaufort. Présidée par Nicolas Le Chatelier, directeur général d’Entremont, la nouvelle structure regroupe pour l’heure 13 entreprises, qui comptent bien en voir d’autres se joindre à elles dans une démarche volontaire.

Le syndicat prendra à son compte les actions d’« animation normale et quotidienne du marché » – communication et recherche notamment, précise-t-on, tandis que le SIGFconservera le monopole de la distribution des plaques de caséines, gèrera les relations avec l’amont et répondra aux besoins spécifiques de l’ensemble de la filière.

Cotisation volontaire

La création du SFPP répond au souci de certains opérateurs d’évoluer vers un système de cotisation volontaire qui s’applique aux seules entreprises. Celui-ci permettra de mutualiser les coûts mais aussi d’élargir l’assiette du fait de l’ouverture du syndicat à des domaines d’activité qui jusque là ne bénéficiaient pas d’un tel appui. En fait, explique Michel Roche, secrétaire général du SIGF et nouvellement nommé directeur du SFPP, il existe « une logique de marché entre les pâtes pressées cuites et non cuites». Sans compter que les préemballeurs, et dans certains cas, les fabricants eux-mêmes ont développé toute la gamme de produits.

Concrètement, dans l’attente de l’arrivée de nouveaux adhérents, le budget du SFPP n’a pas encore été totalement déterminé. Dans un premier temps, il approchera les 400 000 euros. Celui du SIGF, qui avait atteint 1,4 million d’euros, sera réduit en proportion, étant entendu que si besoin était, en cas de crise ou de problème sur le marché, la structure interprofessionnelle pourra lever une cotisation.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

recherche et développement
Suivi
Suivre

Contrôle qualité interprofessionnel

L’Institut technique français des fromages, créé en 1967 par le SIGF sous l’appellation d’Institut technique du guyère, suit le même mouvement pour voler de plus en plus de ses propres ailes. Créé en 1967 par le SIGF sous l’appellation d’Institut technique du gruyère, et désormais rejoint par l’interprofession laitière, le Cniel, il étend ses compétences dans la recherche à d’autres fromages que les pâtes pressées cuites et s’ouvre aux contrats privés. « Je constate avec satisfaction que cette évolution de l’Institut favorise des relations directes avec les entreprises. Il faut admettre que la recherche et développement revêt parfois des aspects strictement confidentiels», a fait valoir Jean-François Bouchet, président du SIGF, lors de l’assemblée générale du 14 mai.

Pour autant, celui-ci a regretté dans son rapport moral l’abandon de toute notion de contrôle qualité interprofessionnel, fondé sur une grille de notation des fromages. « A un moment où toutes les entreprises travaillent d’arrache-pied à l’amélioration des qualités fonctionnelles de l’emmental, mais avec le souci constant d’être le plus économique possible afin de rester dans le marché, nous manquons certainement de visibilité sur l’évolution moyenne de ce produit », avertit Jean-François Bouchet, qui a tenu à achever son mandat de trois ans, sur une note plus optimiste.

Rappelant son espoir, en 2001 de voir l’interprofession « revenir à un peu plus d’esprit collectif», ce en quoi il n’a pas été suivi, il a assuré que « les difficultés qui rendent la situation de nos entreprises insupportable vont nous rendre plus solidaires ».