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Alimentation animale Les fabricants à la recherche du moindre coût

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Face à la flambée du cours des matières premières agricoles, les fabricants d’alimentation animale doivent mettre en place un arsenal de stratégies pour minimiser l’impact sur leurs coûts de production. « Pas de solution miracle, mais beaucoup de choses à faire », c’est la conclusion du séminaire organisé par Arvalis et l’Unip, mardi 23 septembre à Paris.

Après une campagne 2007/2008 marquée par la flambée du cours des matières premières agricoles, le séminaire annuel d’Arvalis et de l’interprofession des protéagineux (UNIP) sur la valorisation des céréales et protéagineux, organisé mardi 23 septembre, s’est tout naturellement penché sur la question de la maîtrise du coût des aliments. Dans un contexte de forte volatilité des prix, les fabricants d’alimentation animale ont dû revoir la formulation de leurs produits pour que la hausse des cours mondiaux se répercute au minimum sur leurs coûts de production. Malgré cela, les prix des aliments pour animaux ont augmenté de 22,5% entre juillet 2007 et 2008, d’après les chiffres de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Pour Frédéric Pressenda ingénieur d’étude en charge de la « prospective aliment » au Cereopa (centre d’étude et de recherche sur l’économie et l’organisation des productions animales) « il est illusoire de penser pouvoir faire baisser le prix de l’alimentation en jouant uniquement sur la formulation, il faut surtout composer avec le cours des matières premières ».

Renforcer le couple formulateur/acheteur

Selon les experts invités à intervenir lors du séminaire, une collaboration étroite entre les « formulateurs » d’aliments et les acheteurs de matières premières au sein des entreprises est la principale solution pour contenir la hausse des prix de vente. « La formulation doit être une aide à la décision d’achat », souligne Mireille Huard, responsable du département formulation au CCPA (Conseils et compétences en productions animales). En achetant des matières premières dites d’opportunité comme le sorgho ou les drèches de distillerie (de maïs et de blé) en substitution des ingrédients onéreux, les fabricants ont pu baisser leurs dépenses. Mais c’est surtout l’effet indirect qui contribue le plus à faire diminuer le prix de l’aliment. En se tournant vers ces produits, la demande en blé français diminue et son prix avec.

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Anticiper les contraintes environnementales

La réintroduction des graisses animales est également un des leviers étudiés par les fabricants pour gagner en compétitivité. Depuis le début de l’année 2008, la plupart des freins à l’utilisation des graisses animales ont été levés. Reste aux fabricants d’aliment et aux producteurs à convaincre consommateurs et distributeurs de leur innocuité (reconnue par la DGCCRF). Avec des huiles de soja à 900€/tonne (ce qui peut baisser) et des graisses animales à 500€/tonne (ce qui peut augmenter si la demande progresse) l’économie ne dépasserait pourtant pas 80 à 96 centimes par porc produit. L’anticipation des contraintes environnementales qui risquent d’être imposées d’ici peu aux filières de l’agroalimentaire peut aussi constituer un argument marketing. A titre d’exemple, Frédéric Pressenda estime que la réduction de 25% des distances de transport – en privilégiant un approvisionnement local souvent plus onéreux – s’accompagne d’une hausse de seulement 0,5% du coût de production. D’avis d’experts, les fabricants d’aliments devront de toute façon dans les années à venir composer avec des cours de matières premières structurellement élevés.