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Nutrition animale Les fabricants veulent élargir leurs sources d’approvisionnement

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Face à la tension palpable qui règne sur le marché des matières premières, les fabricants d’aliments souhaitent développer l’utilisation de nouvelles sources d’approvisionnement, qu’il s’agisse d’OGM ou de coproduits animaux. Un sujet particulièrement présent lors de l’assemblée générale de Coop de France nutrition animale le 17 octobre.

«Nous sommes dans un marché inélastique où il n’y a plus de stocks, et je ne vois pas qui va vouloir les refaire ! », a expliqué Louis Behagel, directeur adjoint d’Union Invivo, lors de l’assemblée générale de Coop de France nutrition animale, le 17 octobre, à Bagnolet. Pas de quoi réjouir les fabricants d’aliments. « Nous sommes dans un marché durablement très volatile, avec de fortes variations, a poursuivi le spécialiste. Les financiers y vont à cause de sa volatilité, et je suis convaincu que c’est durable ». Dans un contexte où les besoins alimentaires sont en pleine croissance, il faudra offrir un prix attractif aux producteurs pour se fournir, et ce pour tous les produits et dans tous les pays. Signe des temps : « Les consommateurs ont été pris à revers partout dans le monde avec cette campagne 2007/2008 : les exigences des producteurs ne se sont pas calmées avec la récolte », a indiqué Louis Behagel. Selon lui, le prix du marché sera inférieur aux 250 euros que coûte aujourd’hui une tonne de blé français. Mais il devra rester rémunérateur. Cette nouvelle donne devrait changer la hiérarchie française des prix des matières premières : à l’image du marché mondial, le prix du blé passerait durablement au-dessus de celui du maïs, dont le potentiel de culture est plus important. Le cours du maïs éthanol deviendrait le prix de base du maïs. Quant au soja, la nécessité de ne pas perdre trop de surfaces afin de continuer à satisfaire les besoins mondiaux pourrait redynamiser les cours.

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Lever les obstacles réglementaires

Autant de nouveaux défis en perspective pour les formulateurs, qui expérimentent déjà depuis le début de l’année les tensions du marché. Face à ce nouveau contexte, les fabricants d’aliments réfléchissent à toutes les solutions. « La nécessité d’élargir et de diversifier nos sources d’approvisionnement en matières premières pour l’alimentation animale va devenir de plus en plus cruciale, et il est d’ores et déjà important que les obstacles liés aux OGM puissent être rapidement levés au plan communautaire », a indiqué Jean-Luc Cade, président de Coop de France nutrition animale, le 17 octobre. La commission vient justement de décider d’autoriser les importations de maïs Herculex à partir du 24 octobre. Produit aux Etats-Unis et au Canada, ce maïs résistant à la chrysomèle et tolérant au glucosinolate constitue une nouvelle ouverture de la Commission, qui a déjà autorisé les importations de quatre maïs OGM, cultivés notamment en Argentine. Reste à savoir si cette mesure sera suivie d’effet : les Etats-Unis sont-ils capables de tracer ce maïs OGM, par exemple ? Les fabricants d’aliments misent également sur les coproduits carnés. « Cela ne peut pas demeurer éternellement un sujet tabou, alors même que nous acceptons les importations de produits provenant d’animaux ayant consommé des produits carnés ! », a souligné Jean-Luc Cade. Le responsable a également évoqué les graisses animales (voir encadré). Les cours chauffent, les esprits s’échauffent… De quoi faire monter la pression sur les autorités.