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Ecophyto Les fermes Dephy ouvrent leurs portes

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Deux ans après le lancement du plan Ecophyto, c’est maintenant une phase de communication et de partage d’expériences qui est lancée. Cette année, le ministère de l’Agriculture organise, pendant un mois et demi, des journées portes-ouvertes sur les fermes du réseau Dephy, de démonstration et d’expérimentation, mis en place dans le cadre du plan.

Pour réduire l’usage des pesticides en agriculture, il faut aussi... communiquer. Le plan Ecophyto, qui vise à réduire l’usage des produits phytosanitaires de 50%, prévoit justement cette communication. De la mi-mai au mois de juin, le ministère de l’Agriculture organise ainsi des portes ouvertes dans les fermes du réseau Dephy, à destination des agriculteurs et d’un public un peu élargi. Structuré dans le cadre du plan Ecophyto, ce réseau rassemble aujourd’hui 1 900 fermes engagées dans la réduction des pesticides, dans la droite ligne du plan Ecophyto qui vise à baisser de 50 % (« si possible » et à un horizon qui n’est plus affiché) l’usage de ces produits chimiques. Les coopératives ont voulu imprimer leur marque propre dans ce mouvement de communication en organisant, le 23 mai, une « journée nationale des coopératives FermEcophyto ».

Indicateurs de suivi encourageants

34 coopératives sont engagées dans le réseau Dephy et comptent 316 exploitations sur les 1 900. 20 coopératives ont souhaité participer à la journée nationale. Un moyen de communiquer les résultats de leurs deux premières années d’expérimentation : les fermes des coopératives affichent un rendement supérieur de 3% aux références régionales, et une marge brute supérieure de 12% aux références. Leur consommation de pesticides (indice IFT) est inférieure de 25 % aux références régionales en 2012 et leur bilan de gaz à effet de serre est de 86% de la référence. InVivo a choisi en outre, d’établir une liste comportant une vingtaine d’indicateurs pour suivre les performances des exploitations : biodiversité, qualité de l’eau, durabilité des systèmes mis en place, santé des utilisateurs figurent par exemple dans cette liste. Certains conseillers de coopératives ont par exemple été formés à la reconnaissance de papillons, abeilles et invertébrés, afin d’assurer un suivi de la biodiversité. Autre exemple : certains adhérents ont choisi de travailler sur la ressource alimentaire disponible pour les pollinisateurs.

Coupler les méthodes

À travers cette opération, les fermes des coopératives engagées dans Dephy Ecophyto ont souhaité accueillir des agriculteurs, mais aussi des représentants de collectivités locales, des agences de l’eau, des instituts techniques, des organisations professionnelles, et des médias. L’occasion de montrer sur le terrain que des réductions sont possibles dans le recours aux phytos. Sur une ferme du Calvados (Reviers, réseau Agrial), des exposés montraient à la fois que des solutions non-chimiques ou non entièrement chimiques peuvent fonctionner. Il s’agit surtout de coupler les solutions : choix de variétés plus résistantes aux maladies, recours aux OAD (outils d’aide à la décision) et aux techniques alternatives ou associant chimie et mécanique.

Débat

La solution s’étudie au cas par cas, ont rappelé les intervenants lors de cette journée dans le Cavaldos. Par exemple, pour le désherbage mécanique : impossible d’envisager de telles méthodes si la récolte a été tardive et que le contexte exige l’implantation d’une Cipan (culture intermédiaire destinée à retenir l’azote dans le sol pour éviter les fuites hivernales de nitrates vers les eaux), réagit un participant lors d’un exposé proposé par Arvalis. Reste que ces Cipan créent un couvert qui empêche les mauvaises herbes de pousser, note la chargée de mission qui a conduit l’étude de l’institut sur le désherbage mécanique de plusieurs types de grandes cultures. Le climat joue aussi beaucoup sur la faisabilité de ces méthodes alternatives, or il est aléatoire, explique-t-elle. En effet, un passage mécanique demande, pour être efficace, du beau temps pendant les trois jours avant le passage et pendant les trois jours qui le suivent. Il faut donc que les conditions météo de l’année offrent suffisamment de créneaux pour réussir le désherbage mécanique. « C’est ce que savaient faire nos parents et nos grands-parents ! », maugrée un participant. D’autres, au contraire sont sceptiques et le font savoir. « Faire un désherbinage (association d’un désherbage mécanique et d’une pulvérisation de désherbant) en sol argilo-calcaire, dans la région ? C’est complètement impossible, je ne vous crois pas », objecte un groupe de participants à l’atelier de démonstration à un agriculteur (biologique) qui décrit son système et ses méthodes… Une chose est sûre, ces journées de démonstrations suscitent la discussion !

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