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SNFM Les fermiers appelés à s’imposer dans toutes les commissions qui leur sont ouvertes

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Participer à toutes les commissions qui leur sont ouvertes, entrer dans les conseils municipaux, être présents dans les établissements publics fonciers… les dirigeants de la section des fermiers métayers de la FNSEA ont prôné une véritable politique « d’entrisme » dans le maximum d’organisations, à l’occasion du congrès du 21 février. Objectif : défendre l’entreprise agricole tout en tenant compte des besoins de la société. « Nous devons proposer des solutions raisonnables pour être entendus », affirme Bertrand Saget, président de la SNFM.

Comment défendre le statut du fermage au début du XXI e siècle ? En étant présent dans tout organisme ou commission ouvert aux fermiers. Pourquoi ? Pour défendre le foncier et l’entreprise agricoles. C’est un vaste ensemble de moyens et d’objectifs qui ont été analysés à Paris, le 21 février, par la SNFM à l’occasion de son congrès annuel. La situation n’est pas simple. Les congressistes ont rappelé à loisir que chaque année disparaissent 60 000 hectares de terres agricoles, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans. L’outil de travail de l’entreprise agricole, le foncier, pourrait être menacé. « Si on n’arrive pas à protéger le foncier, on n’arrivera pas à nourrir les hommes », lance Pierre Challiez, secrétaire général de la SNFM. À ces atteintes au foncier s’ajoutent les menaces sur le statut du fermage lui-même. De nouvelles formes d’exploitation se développent, plus précaires, comme les CMD, conventions de mises à disposition, tandis que des innovations telles que le bail cessible sont un échec : seule une centaine de baux cessibles ont été signés depuis leur création par la dernière loi d’orientation agricole. Les baux environnementaux semblent plus prometteurs. En même temps, face à l’outil du monde agricole et du remembrement qu’est la Safer, les collectivités publiques viennent de mettre en place les EPF, ou établissements publics fonciers. Une structure vouée, semble-t-il, à un important développement. Les fermiers veulent y être présents.

L’avenir des communes rurales

Plus fondamentalement, les exploitants sont inquiets de l’avenir des communes rurales et de leur sensibilité agricole. De moins en moins de conseillers municipaux sont des agriculteurs. Les jeunes se détournent de la gestion communale ; le travail d’agriculteur devient de plus en plus absorbant et celui de conseiller municipal ou de maire de plus en plus complexe.

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Cette séparation entre les mondes paysans et urbains est un véritable problème. Rien ne freine l’artificialisation des terres agricoles, ni le zonage ni les nouveaux PLU (Plan local d’urbanisme) qui remplacent les anciens POS (plans d’occupation des sols). Pourtant, « la protection des terres agricoles n’est pas qu’un enjeu pour les paysans », affirme André Thévenot, président de la FNSafer. Des politiques nouvelles doivent être mises en œuvre. Il faut densifier les centres villes, dit en substance un congressiste, pour éviter une extension excessive en périphérie. Au maire, alors, de réduire la surface minimale de construction en centre ville. Mais faut-il que ce soit le maire qui décide encore des changements d’affectation des terres, s’interroge André Thévenot qui considère que « l’État est le grand absent de la politique foncière ». Quelles que soient les solutions, les fermiers doivent accentuer leur présence partout. Pour autant, « nous devons proposer des solutions raisonnables pour être entendus », affirme Bertrand Saget. Invité au congrès, le président de la FNSEA a poussé les fermiers dans ce sens, rappelant qu’il avait signé un appel, avec le président des JA Philippe Meurs, pour qu’un grand nombre d’exploitants se présentent aux municipales.