Les filières de boissons alcoolisées (vins, bières et spiritueux) ont remis le 27 juin au président de la République leur plan pour la « consommation responsable ». Il représentera un investissement annuel de 1,2 M€ par an. Elles préconisent une meilleure prévention, notamment des populations à risque, comme les jeunes adultes, et la mise en avant de la promotion de la « responsabilité » dans la consommation.
Commandée par le chef de l’État fin janvier, la contribution des filières de boissons alcoolisées au plan national de santé publique « priorité prévention » a été remise à l’Élysée le 27 juin. Elle vise d’une part la protection des populations à risque (femmes enceintes, mineurs, jeunes adultes) et d’autre part la promotion de la responsabilité dans la consommation. Elle se déroulera sur les années 2019-2022 et représentera un investissement annuel de 1,2 M€ par an, dont 500 000 € seront fournis par Vin & Société, l’association de la filière viticole pour les questions de société.
Trop de consommation excessive ponctuelle
La politique de prévention est particulièrement délicate à mettre en œuvre auprès des jeunes adultes. La répression et le discours moralisateur ne sont pas les meilleurs moyens de les convaincre, note-t-on à Vin et Société. Or, comparés aux adultes plus âgés, les jeunes de 18-25 ans connaissent plus souvent des alcoolisations ponctuelles importantes mais boivent moins régulièrement des boissons alcoolisées. L’étude « jeunes & addictions » de 2016 de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a montré qu’à peine 9 % des jeunes de 18 à 25 ans qui sont étudiants consomment régulièrement de l’alcool contre 14 % pour les jeunes actifs. En revanche, ils sont 34 % à connaître des alcoolisations ponctuelles importantes (API) contre 32 % des actifs et 25 % des chômeurs du même âge. « La lutte contre l’alcoolisation ponctuelle importante (“binge drinking”) et contre toute forme de consommation excessive doit être une priorité », indique le plan des filières. « Il faut aussi insister sur l’aspect qualitatif du vin, montrer qu’il existe une dimension de plaisir et d’art de vivre, et ne pas seulement jouer sur la culpabilité », a commenté Krystel Lepresle, déléguée générale de Vin & Société.
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Le volet sur la responsabilité dans la consommation prévoit des actions comme la formation du personnel de la distribution et des restaurants à orienter le consommateur dans la réduction de la consommation excessive et irrégulière. Il s’agira aussi de faire connaître les équivalences de consommation d’alcool : un ballon de vin de 10 cl à 12 degrés = une bière de 25 cl à 5 degrés = 2,5 cl de whisky à 40 degrés, selon Vin & Société.
« La lutte contre l’alcoolisation ponctuelle importante (“binge drinking”) doit être une priorité »