Des industriels à la FNSEA, les professionnels ont rejeté l'idée de créer une taxe sur les abattoirs dont le chiffre d'affaires excède 250 millions d'euros, afin de financer un fonds d'aide à l'élevage. Cet amendement est sur le point d'être examiné en plénière à l'heure où nous écrivons ces lignes.
Irresponsable, peu sérieuse, impossible. D'une même voix, les industriels des filières viandes, l'interprofession porcine et la FNSEA ont dénoncé l'amendement au projet de loi de finance rectificative, adopté le 25 novembre en commission des finances de l'Assemblée nationale, visant à créer une taxe exceptionnelle (5 % du chiffre d'affaires) sur les entreprises de transformation de viandes dont le chiffre d'affaires excède 250 millions d'euros. « C'est demander aux entreprises l'impossible », a réagi le syndicat d'industriels Culture viande, dans un communiqué le 27 novembre. Les entreprises françaises d'abattage-découpe « sont actuellement frappées comme les éleveurs par une crise sans précédent », remarque Culture Viande. Pour les industriels de la Fédération nationale de l'industrie et des commerces en gros des viandes (FNICGV), cette décision « montre à quel point les députés qui ont voté cette taxe sont ignorants de la situation économique des entreprises ». L'analyse est partagée par le président de l'Interprofession porcine (Inaporc), Guillaume Roué, qui juge cette proposition réglementaire « peu sérieuse ». Cet amendement a été jugé « irresponsable » par le président de la FNSEA Xavier Beulin, dans un communiqué paru le 1er décembre. Le montant de cette taxe qui vise à financer un fonds de soutien aux éleveurs « serait 5 à 10 fois plus élevé que la marge nette de ces entreprises », estime ce dernier. « Elle aurait pour premier effet de dégrader encore la compétitivité de la filière, et de détruire de la valeur et de l'emploi, industriels comme agricoles », poursuit-il.
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Inaporc et la FNSEA se rejoignent avec les députés sur l'idée de créer un fonds de soutien, mais avec un financement différent. Pour Guillaume Roué, « s'il doit y avoir une contribution, c'est au citoyen ou au consommateur de payer ». De son côté, le président de la FNSEA plaide pour que ce fonds de soutien reçoive « la contribution de l'ensemble des acteurs : fournisseurs, éleveurs, transformateurs, distributeurs, res-tauration hors domicile ».