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Etude des CER de Bretagne Les finances des agriculteurs bretons se dégradent

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Une enquête réalisée par les centres d’économie rurale de Bretagne met en évidence une dégradation de la situation financière des agriculteurs bretons. La production laitière, présente sur les deux tiers des exploitations, est touchée de plein fouet. Mais les productions avicoles et porcine ne sont pas épargnées. Quant aux producteurs de bovins viande, leur revenu s’est tout juste stabilisé à un niveau plutôt bas. Les agriculteurs bretons gagnent moins que la moyenne des autres catégories socio-professionnelles.

«L’agriculture bretonne souffre », commente Martine Morel, présidente des Centres d’économie rurale de Bretagne (CER), en introduction d’une brochure présentant l’état de l’agriculture dans la région. En 2003, le revenu des exploitations bretonnes s’est établi à 12 500 euros par unité de travail familial (UTHF), soit 6 500 euros de moins que le revenu moyen breton des autres catégories socio-professionnelles. Les disparités sont importantes puisque 15% des exploitations sont déficitaires, tandis que 9% dégagent un revenu supérieur à 30 000 euros par UTHF. La production laitière, présente dans les deux tiers des exploitations bretonnes, a été particulièrement touchée. La baisse du prix du lait s’est accompagnée d’une hausse du prix des fourrages à la suite de la sécheresse. La production porcine, deuxième production animale, ne va pas beaucoup mieux. Selon les CER, « le revenu moyen chute à 4 500 euros par UTHF et, pour près de 40% des éleveurs, le résultat est négatif ».

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Les revenus ont fondu en production avicole de chair

En production avicole de chair, les revenus ont littéralement fondu, passant de près de 19 000 euros par UTHF en 2001/2002 à 7800 euros au deuxième demestre 2003. Si l’année 2003 a permis un redressement de l’équilibre offre/demande, les éleveurs n’ont pas pu en profiter suite au surcoût alimentaire lié à la pénurie de céréales. Les producteurs d’œufs ont, quant à eux, réalisé une bonne année, si ce n’est que la cotation s’est effondrée en fin d’année, tandis que le prix de l’aliment montait. Les revenus des producteurs de viande se sont tout juste stabilisés grâce au maintien des cours. Reste que près de la moitié des exploitants réalisent moins de 10 000 euros par an de résultat. Ce contexte encourage l’augmentation de la taille des exploitations, qui sont passées de 31 hectares en moyenne en 1990 à près de 54 hectares en 2003. Quant aux investissements, ils sont en baisse sensible en 2003, même si les investissements réalisés dans le cadre des mises aux normes environnementales et de bien-être maintiennent un niveau relativement élevé.