Selon le Centre des produits de la mer de Norvège, qui a commandé une étude sur la consommation de poisson et de fruits de mer, le marché français présente de nombreux leviers à actionner pour augmenter significativement les ventes. Et cela en s'appuyant sur la bonne image qu'ont les produits de la mer et sur le socle de consommateurs réguliers.
Le centre des produits de la mer de Norvège vient de publier la plus importante étude sur la consommation de poisson et de fruits de mer en France, à partir de deux enquêtes réalisées par TNS Sofres : 70 questions posées à 2 000 personnes fin mars et début avril et le suivi annuel de la consommation réalisé dans la deuxième quinzaine de février auprès de 1 000 personnes.
Les premiers résultats montrent d'abord que la consommation de produits de la mer touche tout le monde (97%) mais avec 34 kg par personne et par an, en légère baisse depuis ces dernières années, elle reste limitée en volume. Les consommateurs réguliers (2 fois par semaine, correspondant à la recommandation des autorités sanitaires) représentent 37% de la population mais, à l'opposé, 63% n'en mangent pas assez. « C'est en s'appuyant sur cette cible qui représente 41,8 millions de personnes, qu'on peut agir pour augmenter la consommation », explique Maria Grimstad de Perlinghi, directrice pour la France du Centre des produits de la mer de Norvège. « En émettant l'hypothèse que ceux qui mangent du poisson une fois par semaine, soit 26% des Français, passent à deux fois par semaine, cela représente un gain pour le marché de 18%, soit 400 000 tonnes supplémentaires par an », souligne-t-elle. Parmi les arguments en faveur de cette projection figure l'affirmation par ces consommateurs que le poisson est bon pour la santé et facile à préparer, soit les mêmes avantages que ceux qui en mangent deux fois par semaine.
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Reste à savoir quels leviers actionner pour augmenter la consommation. « Sur un marché où les clients sont très sensibles à l'information sur les produits et notamment l'origine, plus que dans d'autres pays d'Europe, il faut encore améliorer ce point chaque fois que cela est possible », insiste Maria Grimstad de Perlinghi. L'origine France est très appréciée pour tous les produits de la mer et l'origine Norvège pour le saumon. Les labels sont encore mal connus des consommateurs : seuls le Label rouge, AB et les Saveurs de l'année sont bien identifiés par les sondés, alors que les autres (MSC, ASC, Max Havelaar, IGP, AOP, Friend of the Sea) sont encore ignorés. D'autres facteurs sont aussi à travailler selon les auteurs de l'étude : différencier les produits en fonction des attentes des consommateurs, rassurer sur la qualité du poisson d'élevage, combattre les idées reçues des parents qui estiment que les enfants n'aiment pas le poisson, désaisonnaliser la consommation de saumon au profit notamment de l'été (saumon au barbecue), renforcer la confiance sur la qualité et la fraîcheur pour développer les ventes online et relancer le poisson en barquette en informant mieux et en tablant sur des emballage plus valorisants.