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Consommation Les Français prêts à acheter moins pour se nourrir

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La consommation de produits alimentaires s’annonce en recul en 2008 et 2009, dans un climat de suspicion des consommateurs vis-à-vis des transformateurs et de tous les intermédiaires qui s’interposent entre les producteurs et eux. Cette tendance déjà latente ces dernières années est confirmée dans une étude que le Credoc a présentée le 23 septembre aux Entretiens de Rungis.

Face à la hausse des prix alimentaires, les Français déclarent vouloir réduire leurs dépenses alimentaires, dans une « enquête consommation » réalisée en juin dernier par le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). À la question « face à la hausse des prix, que faites-vous ? », 17 % envisagent de diminuer les quantités de certains produits alimentaires. D’autres (18 %) entendent supprimer le superflu (acheter moins souvent des produits alimentaires peu nécessaires). Enfin, ils sont 28 % à vouloir acheter les mêmes produits, mais dans des gammes inférieures. Seuls 27 % sont prêts à dépenser autant pour leur alimentation et à réaliser des économies sur d’autres postes de dépenses.

En outre, les Français, s’ils avaient encore plus de difficultés financières, diminueraient leurs dépenses en boissons alcoolisées, en poissons et coquillages frais, en épicerie sucrée et en produits prêts à l’emploi, ajoute l’enquête.

Défiance et scepticisme

« Les consommateurs français arbitrent de plus en plus en défaveur de l’alimentation », a indiqué Pascale Hébel, directrice du département « consommation » au Credoc.

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Le facteur explicatif de la hausse des prix alimentaires en France le plus cité par eux est celui du nombre d’intermédiaires élevé entre les producteurs et le consommateur final (89 %). Puis vient le coût du transport, comme cause incriminée (87 %). Enfin, vient la « hausse des marges de la grande distribution » (84 %). Le facteur économique le plus réel, à savoir le coût des matières premières, n’est cité que par 72 % des consommateurs, a noté Pascale Hébel.

L’enquête met l’accent sur deux tendances de fond qui expliquent le scepticisme des consommateurs. D’une part, entre 2007 et 2008, les critères de labels de qualité et les marques ont chuté de 11 et 13 points respectivement. D’autre part, l’attention croissante aux prix, perceptible depuis 1993 et particulièrement depuis 2000, s’est nettement accrue cette année, selon Pascale Hébel.

En tête des produits «systématiquement regardés », viennent les fruits et légumes frais. Alors qu’en 2005, 68 % des Français déclaraient regarder systématiquement les prix des fruits et légumes, ils sont aujourd’hui 78 %. Pour les viandes et charcuteries, le taux est passé de 65 à 75 %. Pour les boissons de 60 à 71 %. Par contre, pour la salade en sachet, l’évolution est inverse : 23% en 2005, contre 17 % en 2008.