Une nouvelle relation entre le client et le commerce est en train de pros-pérer en France, avec un réel engouement pour les productions alimentaires réalisées à proximité de leur domicile Ce phénomène, gratifié du néologisme de « locavorisme » est une tendance en plein essor. Le mouvement comme bien d'autres est parti de la Côte Ouest américaine. Le défi consiste à ne se nourrir que d'aliments qui ont poussé ou qui ont été produits dans un rayon de 100 kilomètres. Celui-ci, désormais, ne cesse de gagner de l’ampleur en France. Une étude indépendante met à jour les grandes tendances qui en découlent.
Selon la troisième édition de l'Observatoire du commerce indépendant, Metro Cash & Carry France, menée en partenariat avec BVA*, les Français sont de plus en plus attachés à l’origine des produits qu’ils achètent : 53 % d’entre eux déclarent être sensibles à leur origine et près d’un sur deux achète ou consomme régulièrement des produits alimentaires fabriqués localement. Ils sont seulement 13% à déclarer ne jamais regarder la provenance d’un produit. Parmi ces locavores, on trouve davantage de personnes âgées de 65 ans et plus (73 %) et des personnes aisées (65 %). Les femmes sont également majoritaires, à 58 %, à se dire plus sensibles à l’origine des produits alimentaires. Il est intéressant de noter que l’origine locale des produits mis en rayon incite les deux tiers des locavores à passer à l’acte et acheter. La proportion est seulement de 49 % pour l’ensemble de la population française. Parmi les qualités évoquées pour les produits locaux, le goût arrive en tête (42 %), devant la sécurité alimentaire. Des motivations sociétales participent également au choix des consommateurs comme la création d’emplois dans la région d’appartenance (42 %), la sauvegarde du patrimoine régional (33 %) ou encore la préservation de l’environnement (31 %).
Prix et information sont les enjeux clés
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En dépit des nombreuses qualités prêtées aux produits locaux, la barrière du prix constitue un handicap incontournable. Aujourd'hui 66 % des Français interrogés déclarent que les produits locaux sont plus chers que les autres. Cette perception est cependant moins marquée chez les consommateurs réguliers de produits locaux qui eux ne sont que 56 % à penser que ces produits sont plus chers. L’autre frein touche au manque d’information. Seulement 57 % des Français s’estiment suffisamment informés sur l’origine des produits. Il existe même une différence de perception entre Paris et le reste de la France. Les Franciliens sont 47 % pour estimer disposer d’une bonne information sur leurs points de vente, contre 59 % parmi les provinciaux. La tendance est encore plus négative pour les informations fournies au sein des restaurants qu’ils fréquentent : 37 % seulement s’estiment bien renseignés, avec, là encore un clivage entre l’Ile de France (39 %) et la province (28 %). L’enjeu est de taille pour les commerçants indépendants, car cette information claire est « un support de compétitivité et de différenciation vis-à-vis des commerces franchisés», note le rapport. Un objectif d’autant plus important que ceux-ci bénéficient d’un préjugé favorable. En effet, pour 55 % des sondés, les commerces indépendants (épiciers et restaurateurs, cafés du coin) apparaissent comme le meilleur endroit pour trouver des produits locaux et s'informer le mieux possible sur leur origine, contre 31 % pour les commerces franchisés
*Enquête réalisée par téléphone les 30 septembre et 1er octobre sur un échantillon représentatif de la population âgée de 15 ans et plus.