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Jus de fruit/Conjoncture Les Français se tournent vers les jus de fruit haut de gamme

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En 2012, la consommation globale des jus de fruits en France s’est stabilisée à 1,62 milliard de litres, soit seulement 1,13% de moins qu’en 2011 dans un contexte pourtant très difficile, a constaté Emmanuel Vasseneix, président d’Unijus lors d’une conférence de presse (voir Agra Alimentation du 11 avril). La filière française du jus de fruits se félicite de résister mieux que la filière européenne qui avait déjà perdu 2,2% de volumes entre 2010 et 2011. La tendance des consommateurs est cependant à se tourner vers des produits premium. Ainsi, pour la première fois, la consommation de purs jus de fruit passe la barre des 50% de part de marché, ce qui fait de la France un pays atypique dans l’Union européenne.

Les consommateurs apprécient de plus en plus les purs jus, qui gagnent du terrain sur les autres catégories de jus de fruits. En 2012, tous circuits confondus (magasins + CHD), les purs jus ont représenté plus de la moitié des volumes vendus (51,8% du marché contre 49,8% en 2011). En 2012, les Français en ont consommé 830,2 millions de litres, soit un gain de 1,67% sur un an. En 8 ans, la part de marché volume des purs jus a été multipliée par près d’1,4. Elle est passée de 36,9% en 2004 à 51,8% en 2012.
Les jus de fruits à base de concentré (ABC) arrivent, en deuxième position avec 29,2% du marché en volume, contre 29,7% en 2011. Les Français en ont consommé 485,5 millions de litres en 2012 (‐0,42%). En troisième position, les nectars représentent 18,5% du marché en volume, contre 20% en 2011. 300,6 millions de litres ont été vendus en France en 2012. Leur consommation recule de 8,57%, sous le choc de la taxe sur les boissons avec sucres ajoutés. En huit ans, les jus ABC sont passés de 36,4% à 29,2% et les nectars de 56,7% à 18,5%. Enfin, les smoothies, avec 6,3 millions de litres vendus, représentent 0,5% du marché en volume (‐23,52%).

Quelques changements de tendance

En termes de goût, les Français demeurent fidèles à leurs trois variétés favorites. Avec 779 millions de litres consommés en 2012, le jus d’orange reste le parfum préféré des Français : il représente 48% des volumes vendus tous circuits confondus. Très loin derrière, la pomme, avec 161,45 millions de litres vendus, représente 10% de part de marché volume, talonnée par les multifruits vitaminés. Ils représentent 138,82 millions de litres vendus en 2012, pour une part de marché volume de 9% en 2012 contre 8,65% en 2011. Les jus de fruits réfrigérés gagnent la faveur des consommateurs, leur part de marché passant de 8,89% à 9,08%, face aux jus ambiants qui dominent encore largement avec 90,92%. La percée des jus et nectars bio est spectaculaire avec un gain de 40% en 4 ans, pour atteindre 55,5 millions de litres, soit 3,83% du marché. Les modes de conditionnement évoluent également, les formats familiaux affichant la plus forte progression. Le conditionnement plastique, moins pondéreux, gagne également les faveurs du consommateur, étant le seul à avoir progressé au rayon des jus de fruits en 2012. Les Français ont acheté 512,16 millions de litres de jus de fruits sous conditionnement plastique, soit 6,35% de mieux en un an. 2011. Le plastique atteint une PdM volume de 35% en 2012, contre 32% en 2011. Cependant, les jus de fruits sont toujours majoritairement vendus dans des briques de cartons : 56% de PdM volume en 2012 : 816,13 millions de litres (‐2,27% vs 2011). Le verre, quant à lui, représente 121 millions de litres de jus de fruits venus (‐9,28% vs 2011) et 9% de PdM volume.

Un marché face à des hausses de prix des matières premières

Malgré la flambée des coûts des fruits, les prix de vente aux consommateurs sont restés stables en 2012 : un pur jus s'est vendu en moyenne à 1,63 euro et le jus à base de concentré à 1,07 euro. Cependant, il sera de plus en plus difficile pour les industriels de maintenir ce cap. En quatre ans, les prix des pamplemousses ont grimpé de 115%, 60% pour la pomme et 55% pour les oranges. Pour 2013, les prévisions laissent entrevoir une hausse de 70% pour le raisin, entre 20 et 60% pour la pomme, 10 à 25% pour l'orange et 40% pour le pamplemousse. À cela s’ajoute une pression fiscale (taxe soda) qui pénalise tout particulièrement les nectars. « Une aberration, note Emmanuel Vasseneix, car certains fruits comme les fraises, abricots ou fruits rouges ne peuvent se consommer autrement que sous cette forme ». La profession devra s’adapter, d’autant que la tendance haussière des matières premières semble se confirmer pour 2013 : de mauvaises récoltes au Brésil, Espagne ou Floride sont prévues pour les oranges, la récolte de pommes en Europe sera historiquement basse, en repli de 20 à 40%. La production de raisins en 2012 a été affectée par une mauvaise météo et des arrachages. Pamplemousses, ananas et clémentines ne seront pas épargnés non plus. A ces mauvaises perspectives liées aux mauvaises conditions météo, s’ajoutent des facteurs plus strictement économiques : concentration des opérateurs formant de véritables oligopoles, croissance de la demande mondiale, renchérissement du dollar, monnaie de référence des tractations, ou politiques de stockage de certains pays.
Face à toutes ces incertitudes, les fabricants veulent rester sereins et parier sur la qualité et faire valoir les atouts santé des jus de fruit français largement engagés et mobilisés autour du plan national nutrition santé

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