La décision a suscité l'ire des filières porcines et avicoles, notamment en Bretagne. Elles plaidaient pour la création d'OVS spécialisés par filière et pilotées de façon autonome par les coopératives.
LES Groupements de défense sanitaire (GDS) régionaux et les Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) ont été reconnus Organismes à vocation sanitaire (OVS), respectivement, dans les domaines animal et végétal, par arrêté du 31 mars, publié ce 1er avril au Journal officiel (JO). Dans chaque région, les OVS deviennent les interlocuteurs uniques de l'Etat en matière de veille sanitaire pour une durée de cinq ans. Depuis le 13 mars, les GDS avaient suspendu leurs relations avec l'administration, afin d'obliger le ministère à arbitrer rapidement le dossier.
Bras de fer
Le ministère de l'Agriculture garde le cap qu'il avait fixé en 2012, à la sortie des Etats généraux du sanitaire (EGS). Un arrêté du ministère de l'Agriculture du 30 juin 2012 allait déjà dans le sens de GDS France. Il prévoyait que les futurs organismes reconnus OVS assurent la gestion sanitaire de l'ensemble des espèces animales (bovin, porcin, volailles...), et mettait de côté la proposition de Coop de France de créer des OVS spécialisées pour les filières porcines et avicoles. Coop de France avait déposé un recours contre cet arrêté devant le Conseil d'Etat, dont le jugement est attendu pour juin.
Dans un communiqué commun du 2 avril, la Fédération nationale porcine (FNP), la Confédération française de l'aviculture (CFA) et Coop de France ont dénoncé la « décision prise en catimini par l'Etat sous la pression et le chantage exercé par les GDS à son encontre ». De son côté, le président de GDS France, Michel Combes s'est félicité de la décision : « Notre action a porté ses fruits. L'Etat reconnaît le travail que nous réalisons depuis 60 ans. »
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Coopératives en colère
En Bretagne, le Comité régional porcin (CRP), particulièrement virulent, affirmait, le 1er avril que « les éleveurs de porcs bretons n'accepteront jamais de cotiser aux GDS ». La FNP, la CFA et Coop de France ont même annoncé, le 2 avril, qu'elles allaient « reconsidérer toutes leurs collaborations avec l'Etat concernant le déploiement et le financement des dispositifs des nouvelles instances sanitaires ».
De son côté, le 3 avril, le directeur de GDS Bretagne, Patrick Le Provost, a appelé au rassemblement, à l'issue de l'assemblée générale du GDS Côtes d'Armor : « Les GDS entendent travailler avec les organisations porcines. Nous allons leur proposer de venir à la table des négociations. Rien n'est encore déterminé. »