Abonné
Le groupe Sodiaal tient fortement la corde pour devenir le « partenaire global » des Fromageries de Blâmont. La version définitive et détaillée du projet doit être présentée au plus tard en janvier 2013 aux 355 exploitations adhérant à la coopérative dont le siège est à Ludres, près de Nancy. Les prémices de ce choix remontent à 2011. À l’époque, le conseil d’administration valide l’étude du cabinet Sofra qui conclut que le rapprochement avec Sodiaal offre le plus de « visibilité et de pérennité ». Parallèlement, l’entreprise noue avec Sodiaal un partenariat industriel. L’accord porte sur l’envoi de 60 des 150 millions de litres de lait collectés par Blâmont sur le site de fabrication d’emmental de Sodiaal à Langres (Haute-Marne). Il satisfait les deux coopératives. Blâmont peut arrêter sa propre production d’emmental à Belfort, fermer cette usine, et se désengager d’un marché sur lequel elle a creusé son déficit à la suite de mauvais choix commerciaux. Sodiaal peut, grâce à cet apport, saturer son site de Langres.
L’emmental, source des difficultés
Née en 1946, la CAL (coopérative agricole laitière) de Blâmont s’est construite à partir de 1958 sur la valorisation d’une partie de sa collecte en munster AOC et en brie de Meaux dans sa filiale Renard-Gillard, en Meuse. En 2003, la coopérative met un premier pied à Belfort. Elle y pose le second en 2008 en fusionnant avec l’Union lorraine des producteurs de lait (ULPL), elle aussi actionnaire du site de Belfort. CAL et ULPL deviennent alors les Fromageries de Blâmont. La jeune entreprise annonce 140 M€ de chiffre d’affaires. Mais la décision en 2009 de stocker de l’emmental pour résister à la concurrence des importations allemandes et dans l’espoir d’une remontée des cours s’avère fatale. Le fromage sera vendu à perte. La dégradation de sa situation financière lui fait décréter une pause dans les négociations alors entamées en vue de fusionner avec le groupe Ermitage, implanté en Lorraine et en Franche-Comté. Elles ne reprendront jamais malgré l’insistance (jusqu’à très récemment) du voisin vosgien. Un changement de directeur, une restructuration interne et l’effort demandé aux producteurs sur leur feuille de paiement du lait n’inversent pas assez la tendance. Le trou se creuse. Il atteint 13 M€ sur les exercices 2008-2009, 2009-2010 et 2010-2011. Les capitaux propres fondent, les dettes progressent. Sodiaal, encore, est appelé à la rescousse sur l’exercice 2011-2012 pour consentir un prêt de 2 M€.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre