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PRODUITS LAITIERS/EMBARGO RUSSE Les fromages européens seraient plus frappés par l'embargo russe

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Afin d'atténuer l'impact des restrictions russes sur les importations de produits laitiers de l'UE et de limiter les effets négatifs sur le marché intérieur, la Commission européenne a proposé de co-financer le stockage privé. Selon Bruxelles, les fromages seraient les produits les plus touchés par les mesures décidées par Moscou le 7 août dernier. Par ailleurs, d'ici la fin de la semaine, l'exécutif européen va présenter une première analyse de l'impact à court et moyen terme de l'embargo russe sur tous les grands secteurs agroalimentaires européens.

« Les niveaux des prix observés sur le marché laitier européen montrent que l'embargo russe est en train de frapper ce secteur. Dans un certain nombre d'États membres, les recettes d'exportation ont dégringolé et de nouveaux débouchés doivent être trouvés », a indiqué Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'agriculture, lors de la présentation des mesures d'urgence proposées pour le secteur du lait, le 28 août dernier, pour répondre à l'embargo sur la plupart des produits agroalimentaires en provenance de l'UE décidé par Moscou en réaction aux sanctions imposées à la Russie en raison de son rôle dans la crise ukrainienne. Le commissaire roumain a précisé que si les premières mesures sont ciblées sur les marchés du beurre, du lait écrémé en poudre et des fromages exportés, la Commission européenne est prête à proposer des mesures supplémentaires exceptionnelles si l'évolution de la situation l'exige. Comme les marchés européens des produits laitiers commencent à avoir des difficultés pour se débarrasser des surplus de marchandises, les mesures proposées par la Commission européenne sont les bienvenues, même si certains estiment qu'elles sont insuffisantes et que des mesures supplémentaires sont nécessaires (1). La Commission européenne estime que le co-financement des frais de stockage privé devrait aider les opérateurs européens à mettre hors du marché certains volumes et permettre d'alléger quelque peu la pression sur les prix, notamment dans les principaux pays exportateurs traditionnels de fromages sur le marché russe (Pays-Bas, Danemark, Finlande, Allemagne, Italie, Pologne, France et Lettonie). Les responsables européens espèrent que ce retrait temporaire de marchandises (entre 3 et 7 mois) pourra également aider les producteurs et transformateurs européens à trouver des marchés alternatifs. Les exportations de produits laitiers de l'UE vers la Russie en 2013 ont atteint 2,3 milliards d'euros, notamment sous la forme de fromage (1 milliard d'euros), mais aussi sous forme de préparations alimentaires (470 millions d'euros), d'huile de beurre (140 millions d'euros), de produits laitiers frais (100 millions) ou de lactosérum en poudre (30 millions).

DES COÛTS OSCILLANT ENTRE 10 ET 20 MILLIONS D'EUROS ?

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Quant à l'estimation des coûts de ces opérations de stockage privé, Roger Waite, le porte-parole de la Commission européenne n'a pas été en mesure d'avancer un quelconque chiffre quand on l'interroge. « Tout dépendra des volumes de fromages concernés qui nous seront communiqués par les États membres. La Commission fera des propositions formelles cette semaine lors de la réunion du comité de gestion des marchés, propositions qui feront l'objet d'un vote des représentants des Etats membres », s'est contenté d'indiquer Roger Waite. Celui-ci a précisé aussi que la difficulté de chiffrer exactement le coût estimé du stockage dépend notamment du type de fromages qui peuvent faire l'objet d'un stockage étant donné que certains fromages ne peuvent pas être stockés au-delà de quelques jours. Le porte-parole n'a pas voulu non plus commenter les chiffres parus dans certains médias et d'après lesquels les coût de stockage des produits laitiers concernés par ces mesures de stockage varieraient entre 10 et 20 millions d'euros. Il a espéré être en mesure de fournir des chiffres plus précis dans le courant de cette semaine. De son côté, le commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos, compte présenter le 3 septembre prochain une première analyse de l'impact de l'embargo de la Russie sur les produits agroalimentaires de l'UE et sur les mesures proposées par la Commission pour y répondre. Le 5 septembre suivant, c'est devant les ministres de l'agriculture de l'UE réunis en Conseil spécial, que le commissaire présentera une analyse des conséquences à court et à moyen terme de l'embargo russe sur le marché intérieur et qu'il discutera des répercussions de cet embargo et des mesures à prendre pour compenser les pertes des opérateurs européens.

(1) Notamment les responsables du Copa-Cogeca (syndicats des producteurs et des coopératives agricoles de l'UE) qui considèrent que des mesures supplémentaires sont nécessaires dans la mesure où, estiment-ils, la baisse des prix du lait aurait atteint dans certains cas les 30 %.