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Poulet chloré Les frontières de l’UE restent fermées aux Américains

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Les ministres européens de l’agriculture ont définitivement enterré, le 18 décembre, le projet de réouverture des frontières de la Communauté au poulet chloré américain. Une mesure décrétée par l’UE en 1997, suite aux résultats catastrophiques d’inspections sanitaires menées par des vétérinaires européens aux Etats-Unis.

Comme prévu, vingt-six pays de l’UE ont voté contre le projet de réintroduction du poulet chloré dans la Communauté, 18 décembre, le Royaume-Uni préférant s’abstenir pour ne pas froisser les Etats-Unis. « Je ne suis pas déçue, je m’y attendais », a sobrement réagi la commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou, qui s’était résolue, à contrecœur, à présenter ce projet, face aux demandes insistantes de son homologue, Gunter Verhueugen, en charge du dialogue économique transatlantique, et du président de la Commission, José Manuel Barroso. « La position du Conseil était connue avant même le dépôt de notre proposition », a-t-elle fait remarquer. Ajoutant qu’à présent, elle espérait que « nos partenaires américains respectent les préoccupations et les sensibilités des Etats membres de l’UE ».

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« Nous tenons à notre méthode »

Pour sa part, le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier qui présidait le Conseil agricole, a souligné que cette décision « montre l’attachement de l’Europe à son modèle alimentaire ». « Il faut, a-t-il lancé, que les Américains et les Chinois prennent l’habitude de voir les Européens affirmer leur modèle ». « Nous traitons tout au long de la chaîne de l’élevage et nous tenons à notre méthode », a-t-il précisé. Pour éviter le développement de bactéries, les Américains ont pris l’habitude de tremper les carcasses de poulet, en fin de chaîne de production dans des bains chlorés. Une méthode radicale, mais dont l’impact sur la santé n’a pas été suffisamment étudié, au goût des Européens. Cette technique est beaucoup moins onéreuse que celle employée par les producteurs européens qui ont investi massivement pour limiter le développement de bactéries par le biais d’une réfrigération continue de leurs installations.