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Jérôme Bédier (FCD) « Les hausses de prix doivent être justifiées par les revenus des producteurs »

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Les enseignes de grande distribution accepteront de répercuter aux consommateurs les hausses de prix des produits de grande consommation alimentaires, notamment celles induites par la flambée des cours des céréales, et justifiées par le revenu des producteurs, a déclaré leur président, Jérôme Bédier, présentant ses vœux à la presse le 18 janvier.

«Des hausses de prix auront lieu dans le secteur alimentaire » au stade de la consommation, a annoncé Jérôme Bédier, le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), mentionnant particulièrement la hausse des cours des céréales, parce qu’elle aura un impact sur les prix des produits transformés (pâtes, biscuits, mais surtout produits des élevages). Ces hausses de prix sont incontournables : « Le problème vient du prix de revient des élevages, qui dépend pour environ 75% des cours des matières premières pour l’alimentation du bétail. Nous nous trouvons en face d’une tendance à la hausse qui devient durable », a-t-il souligné.
Mais si Jérôme Bédier fait le constat que les éleveurs n’auront pas d’autre choix que répercuter les hausses de cours, il a averti : « Nous nous battrons becs et ongles pour nos clients ».

Trois questions à Jérôme Bédier

Dans quelle mesure les enseignes de distribution accepteront-elles de répercuter les hausses de prix des produits alimentaires, sachant que celles-ci s’expliquent par une envolée des cours des matières premières, notamment des céréales?
Les enseignes de la distribution sont en train de négocier avec les industriels et sont extrêmement vigilantes pour que les consommateurs ne subissent pas de hausses de prix en 2011. Il convient de rappeler que les prix dans la grande distribution l’année dernière ont diminué de 0,3%. Dans les négociations en cours, les enseignes demandent que les augmentations de tarifs, parfois très importantes, demandées par les industriels, ne soient justifiées que par une augmentation des revenus des producteurs et en aucun cas que la conjoncture de hausse du prix des matières premières soit le prétexte de nous demander des hausses injustifiées.

Quels sont les types de produits qui devraient surtout connaître ces ajustements à la hausse ? Les produits frais ? Les produits transformés ?
La hausse des matières premières touche plus particulièrement le secteur des produits céréaliers. Mais des hausses sont aussi à prévoir pour d’autres produits comme notamment les viandes de volaille ou de porc. Plus la filière est structurée et plus sa résistance face à ces hausses est élevée. Nous pensons, pour éviter ce type de situation, qu’il serait intéressant que les filières d’élevage puissent prévoir des stocks plus importants d’aliments pour animaux.
Dans une conjoncture de hausse de matières premières, ce sont les produits « premier prix » qui sont les plus touchés. En effet, dans la constitution du prix, la part de la matière première est plus importante que pour un produit marque nationale ou MDD (marque de distributeur).

Cette hausse des prix des produits de consommation courante peut-elle profiter aux produits sous signes de qualité? Est-ce une opportunité pour les AOP, IGP et autres labels, que de voir l’écart de prix s’amenuiser avec celui des produits banalisés?
L’impact de la hausse du coût des matières premières touchera également les produits sous signes officiels de qualité concernés. Les produits étant d’abord comparés par le client dans une même famille, les écarts ne seront pas aussi importants que cela. Mais ces produits continueront à bénéficier de leur bonne image auprès du consommateur et nous ferons tout pour continuer à accompagner leur promotion.

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