Après avoir mis au point un système unique qui permet de reproduire le système des marées grâce à des panneaux photovoltaïques, l'entreprise Medithau, leader des coquillages en Méditerranée, s'implante en Espagne. Sa volonté : créer sur place pour la consommation locale.
INSTALLÉE sur les bords de l'étang de Thau à Marseillan (34), l'entreprise familiale Médithau, leader des coquillages en Méditerranée, étend son champ d'action vers d'autres lagunes.
Florent Tarbouriech, son patron et fondateur, vient de créer la société Ostras del Sol dans le delta de l'Ebre en Espagne, à 50/50 avec un partenaire local, César Gomez Arbués. Les premières « spéciales Tarbouriech » hecho en España sont attendues à la dégustation pour le mois d'octobre. Quelques années de recherche pour trouver un associé doté d'une même passion pour un produit naturel de qualité ont été nécessaires avant que ce projet ne voit le jour. Un partenariat qui pourrait être dupliqué à terme dans d'autres lagunes méditerranéennes, toujours dans « ce même esprit d'une production locale pour une consommation locale », indique encore Florent Tarbouriech. Depuis une vingtaine d'années qu'il a créé la société Medithau dans le sud de la France, Florent Tarbouriech n'a de cesse que d'améliorer la qualité et le volume de sa production de coquillages, « de chercher à faire mieux que ce que m'offrait la nature », précise-t-il.
DES MARÉES REPRODUITES PAR PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES
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Dans la nature, justement, l'habitat préféré des huîtres c'est l'entre-deux eaux. En Méditerranée, faute de marées, l'élevage se fait en principe en eau profonde. En 2006, Florent Tarbouriech a mis au point et breveté un système unique en son genre, qui grâce, à des panneaux photovoltaïques « permet de reproduire le système naturel des marées et ainsi d'adapter le cycle et la fréquence du flux et du reflux de la mer », explique Florent Tarbouriech. Ce procédé lui permet « de façonner un produit original selon le niveau de maturité des huîtres, jusqu'à atteindre l'excellence tant au niveau de la qualité de la chair, que de la coquille et de la nacre ». Ce dernier qui estime qu'il peut encore améliorer son procédé, a déjà investi 3 millions d'euros. « Notre développement sur des produits de niche comme la Tarbouriech est possible parce que nous nous appuyons sur une entreprise (la société Medithau NDLR) qui fait du chiffre d'affaires », souligne Florent Tarbouriech, qui lève chaque année d'environ 100 000 euros de crédit impôt recherche.
Positionnées sur le haut de gamme, les huîtres Tarbouriech sont déjà réputées en France auprès des grandes brasseries et de quelques chefs étoilés. Leur production reste encore marginale avec seulement 100 tonnes en 2013, comparés à une production annuelle totale de 5 000 tonnes sur les produits génériques (huîtres et moules). Bénéficiaire, la société Médithau (50 salariés), affiche un chiffre d'affaires de 9,3 millions d'euros en 2013, dont 65 % réalisés à l'export et 35 % en France.