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Les IAA allemandes portées par le hard discount du pays

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La performance de la filière agroalimentaire allemande serait en grande partie le fait des distributeurs discount (43 % du marché en Allemagne contre 15 % en France), selon Thomas Roeb, professeur en économie, spécialisé en commerce et industrie alimentaire à l’université de Bonn-Rhein Seig. « Les hypermarchés mettent l’accent sur les grandes marques tandis que les discounters dépendent beaucoup plus des marques propres, explique-t-il. Le manque de fournisseurs de marques propres a obligé les discounters à aider les petites entreprises à se développer ». Selon ce professeur allemand, le discount a créé de petites entreprises ou a fait en sorte que certaines, en perte de vitesse, se reconvertissent en producteurs de marques propres. Aujourd’hui, ce sont des entreprises telles que Tönnies, spécialiste du porc, qui approvisionnent massivement une distribution puissante (Aldi, Lidl...). Au départ, elles étaient souvent de petites entreprises familiales, comme Tönnies, Stollenwerk, Müller ou Stute et le sont restées, mais elles ont grandi avec leurs donneurs d’ordre. « Les discounters les faisaient rentrer dans un cercle vertueux en leur permettant d’atteindre une taille critique pour aller à l’export, pour valoriser ce qu’ils ne pouvaient pas écouler sur le marché national, par exemple ». Thomas Roeb doit toutefois concéder que ce schéma n’est pas aussi idyllique et que de nombreuses petites entreprises n’ont pas survécu aux exigences de leurs clients. Ces derniers y ont largement trouvé leur compte, à tel point que la part de marché des marques propres représente 95 % dans le chiffre d’affaires de la chaîne Aldi par exemple. Une collaboration, dans l’ensemble, à succès donc, assortie, selon Thomas Roeb, d’un autre aspect important : le regroupement régional d’entreprises travaillant dans le même domaine. En effet, les entreprises de production de machines pour la production alimentaire se sont rapprochées géographiquement des entreprises productrices de marques propres pour un gain d’efficacité. Enfin, le faible coût de la main d’œuvre provenant d’Europe de l’Est (9,5 euros/heure) n’aurait pas beaucoup d’influence sur la compétitivité allemande, selon Thomas Roeb. Seulement, sans la disponibilité de cette main d’œuvre, les industriels de la viande n’auraient tout simplement pas pu se développer !

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