Comme avant chaque changement de présidence de l’Union européenne, la Confédération des industries agroalimentaires (CIAA) dresse un panorama de ses préoccupations concernant l’Europe, dans un mémorandum.
La CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’Union européenne) va présenter un mémorandum à la prochaine présidence de l’Europe assurée par les Pays-Bas au cours du second semestre 2004. Pour Jean Martin, le président de l’organisation bruxelloise, les Pays-Bas ont un challenge : « Guider les premiers pas d’une Europe élargie à 25 Etats membres, dans toute sa diversité culturelle et politique ». « De nombreuses priorités de la présidence néerlandaise, dans le domaine de l’innovation, de la compétitivité, de la sécurité alimentaire et de la législation, du commerce, de la politique agricole, de l’environnement et du développement durable, pour n’en citer que certains, ont un impact direct sur la compétitivité et le développement de l’industrie agroalimentaire européenne », prévient Jean Martin en préambule du mémorandum.
Distorsions
Les préoccupations liées à l’approvisionnement arrivent en tête du document qui sera remis à la future présidence de l’Europe. La CIAA se félicite de l’accord de juin 2003 sur la Pac et notamment du découplage entre les subsides européens et la production. Mais elle rappelle que la Pac doit permettre de garantir l’approvisionnement et de renforcer la compétitivité. Les marges de manœuvre laissées aux Etats membres ne doivent pas conduire à créer des distorsions de concurrence sur le marché intérieur, relève-t-elle. La Ciaa soutient le développement d’une agriculture durable.
Concernant la qualité des produits alimentaires, la CIAA maintient que les produits biologiques sont une niche, et doivent le rester. Elle insiste sur la différence, à ses yeux entre la sécurité alimentaire qui fait partie du domaine réglementaire et la qualité des aliments qui est déterminée par les consommateurs et le marché.
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« Pied d’égalité»
À propos des négociations internationales, les négociateurs à l’OMC doivent faire preuve de réalisme, insiste la CIAA, et parvenir à un accord avant juillet 2004. L’organisation des industriels de l’agroalimentaire européens veut que les produits agricoles et les produits alimentaires soient traités dans une « approche cohérente », sur un « pied d’égalité ». Si la CIAA se félicite des négociations Mercosur et appelle de ses vœux un accord de libre-échange, elle souligne le déséquilibre largement défavorable aux produits agroalimentaires communautaires, dans la balance commerciale entre l’UE et l’Amérique latine.
Par ailleurs, à propos de la politique nutritionnelle, une énième fois, la CIAA demande que tous les aliments aient la possibilité de faire des allégations de santé ou nutritionnelles, si tant est qu’elles soient justifiées. L’industrie veut rester maîtresse de ses arguments de communication, sans intervention des pouvoirs publics par le contrôle « à la lettre » des allégations.