Alors que les chances d’un succès des négociations OMC prévues à Hong-Kong en 2006 s’éloignent, les industries agroalimentaires se mobilisent en faveur d’un accord à leur mesure. Avant l’ouverture de nouvelles discussions, à Genève du 13 au 15 septembre, des représentants des IAA ont rencontré Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’Agriculture, pour lui rappeler les priorités de leur secteur.
Nous avons besoin d’un bon accord à Hong-Kong en décembre». C’est en ces termes que le président de la CIAA, Jean Martin a défini les priorités du secteur agroalimentaire d’ici à la fin de l’année, lors d’une rencontre avec la commissaire en charge de l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, le 8 septembre. « L’approche multilatérale du commerce doit l’emporter. Nous avons besoin de règles compréhensives pour les politiques agricoles qui permettent des réformes équilibrées et cohérentes de l’agriculture», a défendu le représentant de l’industrie.
Très minces chances d’un accord
Il demande en particulier des progrès de la part des partenaires économiques de l’UE sur les crédits à l’exportation, les entreprises d’Etat, l’aide alimentaire et les supports domestiques. Autant de sujets sur lesquels les négociations piétinent. Elles devaient se poursuivre, à partir du 13 septembre, sous l’égide d’une nouvelle équipe dirigeante à l’OMC. Mais compte tenu des désaccords sur les plupart des sujets en discussion, les chances de parvenir à un accord dans les prochaines semaines paraissent très minces. L’accès au marché est le point le dossier le plus difficile des négociations actuelles. La CIAA défend des intérêts offensifs comme l’ouverture des marchés des pays tiers, y compris les économies émergentes.
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Accès aux économies émergentes
Les pays émergents sont regroupés au sein du G20. Ils préconisent la création de cinq fourchettes de tarifs à l’importation avec des réductions linéaires d’importance décroissante à l’intérieur de chaque fourchette, ainsi qu’un plafonnement de ces droits. Les pays importateurs (G10) sont très hostiles à cette formule. L’Union européenne a tenté de trouver un compromis suggérant trois fourchettes de tarifs pour tous les pays, les pays en voie de développement devant opérer des réductions de deux tiers inférieures à celles appliquées aux pays développés. Une proposition rejetée, notamment par les Etats-Unis. L’industrie, elle, craint qu’une telle opération ne permette aux économies émergentes d’échapper aux coupes tarifaires dans leurs droits d’importation de produits alimentaires. Concernant les soutiens internes et les subventions à l’exportation, l’agroalimentaire redoute toujours une divergence entre l’application de la réforme de la Politique agricole commune et des engagements pris à l’OMC.