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Agriculture durable Les indicateurs de l’IAD ont leur plateforme

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Après avoir développé une série d’indicateurs de durabilité des exploitations agricoles, l’Institut de l’agriculture durable a ouvert une plateforme permettant à chacun de les calculer sur son exploitation. Un service à double sens, car les données pourront permettre de développer des statistiques sur la France entière.

En 2013, l’Institut de l’agriculture durable (IAD) met ses indicateurs de durabilité à la disposition de tous les agriculteurs. C’est en tout cas l’ambition de la plateforme baptisée « indiciades », à laquelle chacun peut s’inscrire pour calculer une gamme d’indicateurs : résultats économiques de l’exploitation, temps de travail, bilans énergie azote ou gaz à effet de serre, rendements, couverture et le degré de perturbation du sol ou encore indices de biodiversité (oiseaux, insectes, diversité des cultures…). La plateforme a été présentée lors des 5èmes rencontres de l’agriculture durable, le 23 janvier à la Maison de la chimie à Paris. L’occasion de rappeler l’histoire de ces indicateurs : travaillés au sein du réseau depuis plusieurs années, ils ont été sélectionnés dès 2008, déployés et « testés » dans un réseau de 160 fermes pour être consolidés. Aujourd’hui, l’IAD espère permettre au plus grand nombre cet outil.

Demain, des statistiques nationales

Et l’ambition est double. D’abord pour l’agriculteur, moyennant 2 ou 3 heures de saisie informatique de données (qui restent anonymes), c’est une photographie, un bilan de l’exploitation sur tous ces critères qui est proposée, et qui met en lumière les points forts et les points faibles de chaque système. Ensuite, l’agriculteur peut aussi (toujours anonymement) se comparer à des moyennes locales ou à des moyennes effectuées sur un « type » d’agriculture ou par « réseaux » s’il appartient à un réseau. Chacun peut alors voir où il se situe sur le plan des rendements par rapport à une moyenne en bio ou à une moyenne en conventionnel, par exemple. La pertinence de cette comparaison dépendra du nombre d’agriculteurs qui s’inscriront.
Ensuite et à l’inverse, les données rassemblées permettront, espère l’IAD, d’avoir des tendances à l’échelle de la France. Faire des moyennes par types de production agricole, par région, par système… Pour l’instant, 84 personnes ont participé à cette enquête et la plateforme compte 120 utilisateurs. Des premiers résultats se dégagent, même si la puissance statistique des constats est encore à prendre avec précaution : par exemple, « la grande force de l’agriculture conventionnelle est le rendement, note Konrad Schreiber, chargé de mission, tandis que l’agriculture de conservation se distingue par exemple par un bon bilan énergie. » L’IAD a encore pu esquisser une carte des bilans carbone en France, calculée toutefois sur un faible échantillon (84 répondants). L’IAD entend poursuivre son travail, par exemple développer un outil permettant une comparaison pluriannuelle des indicateurs d’une ferme.

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