Le syndicat des industriels de la viande (SNIV) a axé son assemblée générale du 30 septembre sur la modernisation et la restructuration de la filière. Au-delà d’une modernisation des outils de production, les industriels demandent notamment aux producteurs de mieux répondre aux attentes des consommateurs.
Le Syndicat national de l’industrie des viandes (SNIV) qui tenait le 30 septembre son assemblée générale à Paris, a souhaité insister sur la nécessaire restructuration du secteur dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat combinée à une hausse des coûts de production. « Pour défendre nos parts de marché dans une économie ouverte, la stabilité n’existe pas, il faut toujours progresser et donc réfléchir à la modernisation de toute la filière », a prévenu Jean-Paul Bigard, président du SNIV. Il a appelé l’ensemble des acteurs de la filière à une restructuration « indispensable pour être à armes égales avec ces concurrents ». L’industrie de la viande a d’autant plus besoin de ses partenaires qu’elle est parmi les moins rentables des industries agroalimentaires et a donc peu de moyens pour investir.
Adapter la production aux attentes du marché
Les industriels de la viande se sentent pris en étau entre des distributeurs, dont les ventes ralentissent du fait de la baisse du pouvoir d’achat, et des producteurs qui doivent faire face à la hausse de l’alimentation et à l’épidémie de fièvre catarrhale. Côté aval, le syndicat incite donc ses adhérents à renforcer les partenariats avec les éleveurs pour mieux adapter la production aux demandes du marché. Une étude de l’institut de l’élevage publiée en juin 2008 montre une forte hétérogénéité de la production (nombreuses races, modes d’élevages…) qui rend difficile la régularité de l’offre. L’alourdissement des carcasses de viande charolaise de 20Kg en moyenne depuis 5 ans (par amélioration de la génétique) va à l’encontre de la logique de marché en dépréciant cette espèce réputée haut de gamme. À l’inverse, les carcasses de vache de réforme sont souvent trop maigres. Autant de points à améliorer en collaboration avec les éleveurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Concentration des opérateurs
Côté distributeurs, « nous avons besoin de clients qui ne fassent pas seulement leur métier d’acheteur, avec des prix toujours plus bas, mais aussi leur métier de commerçant avec une offre et un linéaire qui redonne au consommateur l’envie d’acheter de la viande », a souligné Jean-Paul Bigard. Les industriels, eux, poursuivent leur opération de concentration des outils de production pour réaliser des économies d’échelle. Dernière en date : le 30 septembre les groupes Bigard et Socopa ont officialisé leur rapprochement pour devenir le premier groupe de viande bovine en Europe.