L’Association bretonne des entreprises alimentaires plaide clairement en faveur de la création d’un label santé, à l’instar du label rouge que reconnaissent les consommateurs.
L’idée, formulée le 15 juin lors de l’assemblée générale de l’ABEA par son vice-président, Christian Couilleau, par ailleurs directeur général du groupe coopératif laitier Even, aurait l’avantage de faire exister « une (réelle) nutrition santé » pour éviter que seule une nutrition aux allégations santé marketing occupe le marché. L’association patronale, constituée de 96 entreprises adhérentes qui emploient 48 000 salariés et représentent 70 % de l’industrie agroalimentaire bretonne privée et coopérative, veut inciter les industriels à ouvrir leur jeu vers l’offensive, a insisté Christian Couilleau.
Constitution d’un pôle de compétences, création de plus larges passerelles entre recherches fondamentale et appliquée et industries, développement de la R&D dans les entreprises, défense de la préférence sanitaire européenne vis-à-vis des produits d’importation…Tout contribuerait à nourrir ce label santé, forcément intéressant pour des Bretons « qui n’ont pas (NDLR : ou si peu) de marques », a souligné le vice-président de l’ABEA, tout en précisant : « Il nous faut les volumes d’un côté et la valeur de l’autre».
Un modèle breton ?
Ce propos est entièrement partagé par le sénateur des Côtes-d’Armor, Claude Saunier, auteur d’un rapport sur les apports de la science à « la qualité et la sûreté des aliments », remis le 13 avril à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et qu’il a présenté aux industriels présents à Pontivy. « L’espérance d’une meilleure nutrition a créé une zone de valeur ajoutée potentielle pour l’industrie alimentaire », a-t-il constaté tout au long de son travail d’enquête. Une alimentation adaptée – le modèle breton après le modèle crétois ? – peut réduire le risque de maladies liées au vieillissement, ou encore l’apparition de cancers.
Une telle nutrition serait promue plus vite si le phénomène de l’obésité que connaissent les Etats-Unis continue de se développer en France. La maladie atteindrait déjà 11,3 % de la population en 2003 et pourrait rejoindre les statistiques américaines dès 2020.
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Une culture de la nutrition
Communication et éducation, voilà les axes que doivent suivre les industries agroalimentaires bretonnes pour recréer le lien « entre production et consommation » et « développer la culture de la nutrition», a proposé Michel Houdebine, président de l’ABEA depuis sa création il y a trois ans et p.-d.g. de la société éponyme, installée dans le Morbihan.
Au-delà des fonctions purement industrielles traités par l’ABEA (traçabilité-logistique, qualité des aliments, prévention santé sécurité au travail…), l’association collabore avec le rectorat de l’académie de Rennes dans le but d’informer les jeunes sur les métiers des entreprises adhérentes.
Michel Houdebine a souligné, dans son discours de clôture, attendre « des pouvoirs publics et, bien entendu, du conseil régional de Bretagne (NDLR : passé à gauche aux dernières élections régionales) un soutien (…). Le plan nutrition santé est une étape importante.»
Le programme nutrition santé en Bretagne, application régionale du programme national nutrition santé (2001-2005), vient de déboucher sur les premiers résultats d’une enquête marketing réalisée auprès de 450 personnes à propos de leurs attentes en matière d’aliments « santé ». Les informations recueillies donneront lieu, dans le courant de l’année, à la publication d’un « guide pratique d’image » à destination des industriels.