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Lobbying Les industriels craignent leur éviction du débat sur l’alcoolisme

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Les fabricants de vins, de spiritueux et de bière redoutent d’être tenus à l’écart des discussions sur la stratégie européenne de lutte contre l’alcoolisme. Dans un courrier adressé à Markos Kyprianou, le commissaire européen en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs, ils dénoncent le fait que l’OMS ne leur reconnaisse « aucun rôle » alors qu’ils « prennent très au sérieux le défi pour la santé publique représenté par les mauvaises utilisations des produits alcoolisés ».

Les politiques de santé publique concernant l’alcool doivent être élaborées (…) sans ingérence d’intérêts commerciaux ». Cette phrase fait partie d’une recommandation qui devrait être adoptée lors de la prochaine réunion de la section Europe de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), à Bucarest, du 12 au 15 septembre. Elle soulève l’inquiétude des Brasseurs d’Europe, du CEEV (Comité européen des entreprises vins) et de la CEPS (Confédération européenne des producteurs de spiritueux). Ces organisations ont alerté la Commission européenne, dans un courrier adressé le 5 septembre au commissaire Markos Kyprianou, en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs.

« Aucun rôle »

En l’état, la résolution « ne reconnaît aucun rôle à l’industrie » pour travailler en partenariat avec les Etats européens pour lutter contre les consommations excessives d’alcool ». Cette approche « contredit fortement la politique de la Commission européenne et du Conseil qui reconnaissent nos secteurs comme des partenaires légitimes et ont débuté avec nous l’élaboration d’une Stratégie communautaire visant à réduire les méfaits liés à l’alcool », indiquent les secrétaires généraux des organisations bruxelloises.

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« Crédibilité »

La recommandation de l’OMS qui, une fois adoptée, doit servir de cadre à ses membres pour l’organisation de leurs politiques, insiste : « La participation de l’industrie des boissons et des entreprises et organisations de ce secteur à l’éducation des jeunes et aux activités destinées à la jeunesse pose un problème, étant donné que leur soutien, direct ou indirect, pourrait être considéré comme une tentative d’obtenir de la crédibilité auprès des jeunes ». Et l’organisation internationale de regretter que « ces intérêts économiques et fiscaux influent souvent beaucoup sur des politiques qui peuvent être considérées comme des entraves à des initiatives de santé publique ». L’OMS demande « la diffusion de travaux (…) qui contrebalancent ces intérêts économiques et fiscaux ».