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Etude Les industriels de la viande pointent une erreur de l’Insee sur le coût du travail

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Les chiffres de l’Institut national supérieur de la statistique et des études économiques (Insee) « mettent au grand jour » la distorsion de concurrence entre l’Allemagne et la France à propos du coût de la main d’œuvre, selon deux syndicats d’industriels de la viande.

L’Institut national supérieur de la statistique et des études économiques (Insee) s’est trompé dans ses chiffres concernant le coût de la main-d’œuvre en France et en Allemagne, ce qui n’a pas manqué de faire réagir fortement la Fédération des industriels et des commerçants de la viande (FNICGV) et le Syndicat des industriels de la viande (Sniv-SNCP). Dans leur lettre d’information hebdomadaire respective, la FNICGV et le Sniv-SNCP citent Stéfan Lollivier, directeur des statistiques démographiques et sociales de l’Insee : « Nous nous sommes aperçus qu’il y avait un problème sur les données de durées travaillées ». L’Insee va publier de nouveaux chiffres, « qui comportent de solides révisions et qui seront plus conformes à l’évolution de l’indice du coût du travail », explique Stéfan Lollivier, dans des propos rapportés par la FNICGV. « Ces nouveaux chiffres montrent que, de manière générique, le coût horaire du travail (salaires + charges/durée du travail) est quasiment identique entre un salarié français et un salarié allemand », continue le Sniv-SNCP. Ce qui n’est pas le cas pour des salariés issus des pays de l’Est. « Ainsi, les distorsions de concurrence entre la France et l’Allemagne apparaissent au grand jour : les pratiques qualifiées de “dumping social” sont bien réelles dans le secteur de l’abattage et de l’industrie allemande des viandes », fait remarquer le syndicat.

Un écart d’évolution du coût de la main d’œuvre « suspect »
La FNICGV se tourne, elle, vers une autre étude de l’Institut de conjoncture COE-Rexecode sur les divergences de compétitivité entre la France et l’Allemagne remis mi-janvier 2011 à Bercy. Elle jugeait « suspect » l’écart d’évolution du coût de la main d’œuvre entre 2004 et 2008, d’après la FNICGV. La fédération fait également remarquer, en se référant à l’étude précédente, que « la composante salaire net est sensiblement inférieure en France. En revanche, la part des cotisations sociales à la charge de l’employeur est nettement supérieure : 47,1 % du salaire brut en France contre 27,2 % en Allemagne, selon l’enquête de 2008. Il en résulte qu’une même augmentation de salaire net en France et en Allemagne a des conséquences différentes. Augmenter un salarié de 100€ nets coûte à l’employeur environ 169€ de plus en France, moins de 153€ de plus en Allemagne. » Le Collectif contre le dumping social en Europe, dont font partie la FNICGV et le Sniv-SNCP, sera reçu à Matignon le 24 mars. Créé au Salon des productions animales (Space) en 2010, il pointe du doigt les écarts de coûts de main-d’œuvre dans les abattoirs entre la France et l’Allemagne, lesquels introduisent une distorsion de concurrence au sein de l’Union européenne.

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