Les industriels des énergies renouvelables ont mis en doute, dans un communiqué publié le 24 novembre, puis le lendemain lors d’une conférence de presse, la volonté du gouvernement de développer ces filières en France. Dans la plupart des domaines - éolien, bio-carburants, solaire - leurs projets se heurtent au mieux à une inertie de l’administration, et le plus souvent à des refus.
Dans le communiqué publié par le Syndicat des Energies Renouvelables (Ser), son président, André Antolini, fait part des " inquiétudes du Syndicat quant à la détermination du gouvernement de donner aux industriels les moyens de développer les filières des énergies renouvelables en France ". Le Syndicat des énergies renouvelables, qui compte parmi ses membres les représentants des industriels des bio-carburants, de l’énergie éolienne, de l’énergie solaire, etc, met en doute la volonté du gouvernement de vraiment faire aboutir les énergies renouvelables. Ce sentiment est déjà partagé par les professionnels des bio-carburants. Il l’est aussi par les professionnels de l’éolien.
« Nous faisons carton plein de refus »
Ainsi, dans l’Aude, qui est le département français le plus venté, sur 17 demandes de permis de construire d’éoliennes depuis juin 2001, 17 refus ont été opposés aux opérateurs. " Je ne peux pas imaginer que tous les dossiers étaient mauvais ", s’est exclamé André Antolini. Même cas de figure dans les Côtes d’Armor. " Aujourd’hui, nous faisons carton plein de refus", a-t-il déclaré.
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S’agissant de l’électricité à partir de la biomasse, le tarif de rachat n’est pas assez incitatif pour faire démarrer de nouvelles industries. " Le précédent gouvernement n’avait pas cru bon d’adopter un tarif indicatif, contrairement à ce qui s’est fait dans d’autres pays ", comme l’Espagne, où éclosent des projets de petites centrales couplées à des industries agro-alimentaires, pour la fourniture de de sous-produits comme combustibles. On cite par exemple un projet de centrale alimentée avec des noyaux d’olives, et un autre avec des tiges de tomates.
« N’attendons pas la parution de la loi sur l’Énergie »
Les professionnels ne sont pourtant pas décidés à abandonner la partie. La France conserve les atouts d’initiateur de la production de bio-carburants à l’échelle industrielle. De même, elle dispose de plusieurs constructeurs d’éoliennes de référence mondiale Avec un véritable décollage de ces énergies, la France pourrait exporter son savoir-faire et son ingéniérie dans le domaine des bio-carburants, et ses éoliennes à travers le monde . " Pour débloquer la situation dans l’éolien, n’attendons pas la parution de la loi sur l’Énergie (printemps prochain). Les préfets doivent appliquer la politique du gouvernement. On leur a donné la boîte à outils : la circulaire relative à la promotion de l’éolien terrestre, qui a mis deux ans à sortir ". Pour M. Antolini, Roselyne Bachelot, qui a déclaré le 24 novembre que son ambition est qu’un tiers de l’électricité français soit d’origine renouvelable en 2020, devrait donner instruction à tous les préfets de régions de réaliser des objectifs précis, chiffrés en mégawatts : " vous, préfet de Bretagne, devez contribuer à une production de 1 000 mégawatts, vous, préfet de Languedoc-Roussillon, devez contribuer à une production de 3 000 mégawatts ". " Il ne faut pas être schizophrène, c’est-à-dire d’un côté afficher des objectifs comme celui annoncé par Mme Bachelot, et de l’autre ne pas donner d’instruction à son administration", a conclu le président du Ser.