Le secteur de la transformation laitière de l'UE peut être optimiste pour l'avenir, et les possibilités de croissance sont attendues au lendemain de l'abolition des quotas laitiers en 2015. C'est la principale conclusion à laquelle ont abouti les débats des parties prenantes à la Conférence sur « les dynamiques de l'industrie laitière au delà de 2015 », organisée le 19 mars à Bruxelles par l'European Dairy Association, le porte-parole de l'industrie laitière européenne.
S'adressant aux 250 délégués des différentes parties prenantes qui ont participé à la conférence, Michel Nalet, le président d'European Dairy Association, a expliqué que l'année 2013 a été on ne peut plus bénéfique non seulement pour le chiffre d'affaires de l'industrie laitière européenne mais aussi en ce qui concerne la demande sur le marché interne et international. Pour lui, l'avenir du secteur de la transformation laitière de l'UE s'annonce prometteur. Le marché intérieur de l'UE, avec ses 500 millions de consommateurs, offre d'importantes possibilités qui peuvent être amplifiées par une demande mondiale croissante en produits laitiers qualitatifs, « d'autant plus que le secteur laitier de l'UE est connu comme un partenaire fiable pour la fourniture de produits laitiers de haute qualité et de forte valeur ajoutée », a souligné le président d'European Dairy Assocation. Confirmant cette note optimiste, Torsten Hemme, président de l'International Farm Comparison Network (IFCN) a fait valoir que le monde aura besoin de quelque 235 millions de tonnes de lait en 2024 par rapport à 2012, soit un volume supplémentaire de 20 millions de tonnes de lait par an (l'équivalent d'une année de production en Nouvelle-Zélande). Rappelant que depuis le début de l'année 2014, l'Union européenne a assuré la plus forte croissance en matière de production laitière, Torsten Hemme a indiqué que « l'Europe peut devenir le premier exportateur mondial des produits laitiers en 2024 ». Pour atteindre ces objectifs ambitieux, il a insisté sur le fait que « les agriculteurs, les transformateurs et les régulateurs doivent être sur la même ligne ».
BRUXELLES PLUS PRUDENTE EN CE QUI CONCERNE UNE FORTE PRODUCTION LAITIÈRE APRÈS 2015
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Jais Valeur, le vice-président exécutif d'Arlafoods, de son côté, a mis en exergue la valeur du modèle coopératif dans le secteur des produits laitiers. Selon lui, les trois facteurs les plus importants pour le secteur laitier en Europe sont : la fin du système des quotas laitiers, la convergence avec les prix du marché mondial et l'impact de la demande de la Chine sur les marchés laitiers. Il a souligné que l'exportation importante de produits laitiers européens sur le marché des pays tiers est essentielle grâce à l'innovation et à une croissance durable, les deux facteurs clés de la réussite future. Georg Häusler, le chef de cabinet du commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos, a convenu que les perspectives actuelles pour le secteur laitier de l'UE sont bonnes et que l'industrie laitière est tout-à-fait compétitive. Il s'est toutefois montré plus prudent quant aux prévisions relatives à une forte augmentation de la production laitière en Europe après la fin des quotas laitiers le 1er avril 2015. Il a également affirmé que la volatilité est là pour durer et que le secteur laitier devrait se monter prêt à faire face à une plus grande volatilité des prix. Le haut fonctionnaire européen a expliqué que, pour des raisons budgétaires mais également politiques, la Commission européenne « n'est aujourd'hui plus en mesure d' offrir un soutien généralisé au marché ». Il a annoncé que le fameux « Observatoire du marché du lait européen », une structure qui sera créée au sein de la DG Agriculture et qui sera chargée d'analyser les évolutions du marché à court, moyen et long terme. Son rôle consistera, d'une part, à être en mesure de faire des alertes précoces sur les risques de déséquilibres sur le marché, en tenant compte de la diversité des produits laitiers, et, d'autre part, de fournir des analyses prospectives dans le contexte de la volatilité des prix. Georg Haüsler a précisé que cet Observatoire était « en phase de finalisation ». Celui-ci a par ailleurs reconnu que la Commission européenne avait quelques difficultés à suivre les développements du marché des produits laitiers et qu'elle gagnerait à être mieux informée par les parties prenantes pour être en mesure de répondre d'une manière plus rapide et plus efficace aux fluctuations du marché européen.