Les transformateurs et utilisateurs européens de sucre appuient et sont encouragés par les propositions de la Commission européenne relatives à la réforme du régime européen du sucre que vient d’approuver le Conseil des ministres . Ils appellent toutefois à plus de concurrence sur le marché entre les fournisseurs de sucre pour assurer un prix du sucre plus juste, et à la mise en œuvre d’une manière effective et efficace de la réforme décidée.
« Les utilisateurs européens de sucre sont favorables aux décisions prises sur la réforme du régime européen du sucre, décisions qui comportent de nombreux changements substantiels. Reste à présent à les mettre en œuvre », confie à Agra alimentation David Zimmer, le secrétaire général de CAOBISCO (Association des industries de la chocolaterie, biscuiterie et confiserie de l’UE) et du CIUS (Comité des utilisateurs industriels du sucre) Le CIUS revendique l’adhésion de plus de 3 000 entreprises du secteur européen de la confiserie et des boissons qui emploient plus de 450.000 travailleurs.. Celui-ci estime qu’il est nécessaire maintenant « de garantir que cette réforme sera mise en œuvre de manière efficace ». Aux yeux des industriels européens, les changements proposés par cette réforme offrent une opportunité d’améliorer la compétitivité de toute la chaîne sucrière européenne y compris les agriculteurs, les industries transformatrices de sucre et les entreprises utilisatrices. Ils restent cependant préoccupés par le maintien du système des quotas nationaux qui risque « de faire perdurer la collusion tacite des prix entre producteurs ». Une collusion qui conduit les prix du marché « bien au-delà du prix fixé par la Commission européenne ». D’où la nécessité, disent-ils, que la réforme se traduise par « une réelle concurrence accrue et que soient ouvertes les autres sources d’approvisionnement, en particulier les importations de sucre et d’isoglucose ». Selon le CIUS les entreprises dépendent fortement des approvisionnements de sucre et leur compétitivité est sévèrement handicapée par la politique sucrière actuelle qui les « force à acheter du sucre à trois fois le prix mondial ».
Un fonds de restructuration richement doté
A ceux qui, comme les parlementaires européens, accusent Bruxelles d’accorder dans cette réforme un traitement préférentiel aux entreprises industrielles par rapport aux producteurs, David Zimmer fait cette remarque : en dépit de la création d’un important fonds de restructuration (fonds qui sera financé par les utilisateurs de sucre au moyen d’un système de prélèvements pour un montant total d’environ 6,5 milliards d’euros pour la période 2006-2010), « celui-ci a été relativement peu utilisé, ce qui pourrait indiquer que les marges bénéficiaires des planteurs et des fabricants de sucre restent appréciables ». Il ajoute que la réforme conduira les producteurs au système du paiement unique – leur garantissant ainsi un revenu minimum, quelles que soient les quantités qu’ils produisent et quel que soit le prix auquel ils les vendent. La réforme prévoit également, rappelle-t-il, certains paiements additionnels dans l’éventualité où les producteurs acceptent d’abandonner des quotas.
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Vers une baisse du prix du sucre utilisé ?
Les mesures de réforme décidées par l’UE auront-elles un impact sur le niveau des prix d’achat du sucre par les industries transformatrices et utilisatrices de sucre ? Très prudent, le responsable de Caobisco, estime que les prix de référence planifiés dans le texte de la réforme « sont de bons indicateurs pour estimer ce que seront les prix du marché. C’est cette mesure qui permettra de vérifier que l’esprit de la réforme du régime du sucre est bien respecté ». Il considère que « les agriculteurs et les transformateurs devraient prendre leur décision de restructurer ou non en se basant sur la supposition que les prix vont chuter en même temps que les prix de référence ».