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Les industriels et les coopératives rassurent sur la solidité de la chaîne alimentaire

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L’Ania et la Coopération agricole anticipent l’évolution de la demande pendant le confinement. Des interrogations demeurent pour les entreprises dépendantes de la RHD, les transports et la logistique.

Avant même l'annonce du deuxième confinement de l’année 2020, l’Ania a tenu à rassurer les consommateurs sur la solidité de la chaîne de production agroalimentaire qui avait déjà tenu le choc du premier confinement. « La chaîne alimentaire a tenu, sans rupture, sans pénurie avec un esprit de solidarité entre tous les maillons de la filière, agriculteurs, transporteurs, entreprises et distributeurs », rappelle l’Ania. Le syndicat professionnel souligne que les entreprises se sont préparées à une demande qui change lorsque les restaurants ferment leurs portes et que le télétravail devient la norme : renforcement de la supply chain sur les références les plus demandées, organisation du travail en 3X8 et anticipation de la disponibilité et de l’approvisionnement des matières premières qui rentrent dans la composition des produits et des emballages. Les 2 300 coopératives agricoles françaises sont sur la même ligne : elles « affirment être en mesure de garantir l’alimentation des Français pendant toute la durée de cette période de reconfinement », selon un communiqué de la Coopération agricole du 29 octobre.

« Les industriels se sont mis à accélérer de nouveau les rythmes de production de pâtes et produits de base depuis le couvre-feu il y a deux semaines, et la distribution a augmenté ses stocks. Certains avaient anticipé dès la saison de cueillette des fruits en gonflant leurs stocks de fruits en conserve et compotes », a indiqué Richard Girardot, président de l’Ania. Parmi les produits fortement demandés, les industriels citent « le fromage à raclette » et « les charcuteries tranchées ». Des sociétés comme Savencia ou Aoste ont dû ouvrir de nouvelles lignes ces derniers jours.

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Comme durant le premier confinement, Bercy a tenu sa première réunion de crise sur l’approvisionnement le 26 octobre, autour de la ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie Agnès Pannier-Runacher, du ministre de l’Agriculture et de l’alimentation Julien Denormandie et celui des PME Alain Griset, avec l’Ania, la Coopération agricole et la distribution. « J’ai insisté pour que plusieurs représentants des transports assistent à ces tables rondes régulières, ainsi que les représentants des marchés de gros, car la leçon que nous avons tirée du dernier confinement était que le transport était la base de tout pour nourrir les populations », précise Richard Girardot.

« La chaîne alimentaire a tenu et elle tiendra » selon le président de l’Ania, qui s’inquiète néanmoins de la logistique et des transports. Autre sujet d’inquiétude : les entreprises agroalimentaires dépendantes du marché de la consommation hors domicile qui « ne pourront se relever si de nouvelles restrictions sont annoncées sans un soutien massif de l’État. Il est vital pour ces milliers d’entreprises que les mesures de soutien accordées par l’État au secteur de la restauration puissent s’appliquer aux entreprises alimentaires qui les fournissent », souligne l’Ania. La Coopération agricole partage la même inquiétude. Elle demande en outre que les magasins ruraux (jardineries, animaleries, etc.) restent ouverts comme lors du premier confinement, qu’une aide au stockage privé soit mise en place et qu’un moratoire soit déclaré sur l’application des pénalités logistiques compte tenu des perturbations des modes de consommation que la période va générer.