Redoutant un déficit de matières premières, les industriels européens transformateurs de viande bovine demandent à l’Union européenne plus de souplesse pour les contingents d’importation. Cela leur permettrait de remettre le bœuf à l’honneur dans leurs produits préparés, au moment où la consommation de viande rouge est relancée, défendent-ils. Et d’éviter la poursuite d’une flambée des cours sur le marché communautaire.
La vache folle est oubliée. Les consommateurs sont revenus à la viande rouge. Pour cette raison, les transformateurs de viande bovine s’inquiètent du creusement du déficit de production de l’Union européenne pour leur approvisionnement. Ils demandent à la Commission de Bruxelles, depuis plusieurs mois, de revoir les contingents d’importations octroyés aux pays tiers producteurs de viande bovine. Alors que, selon les chiffres du Clitravi (Centre de liaison des industries transformatrices de viande), la consommation européenne s’établit aux alentours de 8,2 millions de tonnes, la production décline et pourrait atteindre 7,8 millions de tonnes en 2011.
Déficit de 400 000 tonnes
Le déficit prévisible est donc de 400 000 tonnes, évalue le Clitravi. Et le phénomène devrait s’aggraver, anticipent les industriels auprès des services européens : « Il faut noter que le report de consommation de viande fraîche vers des produits préparés se poursuit, s’accélère même, indique le Clitravi. Cette tendance ne s’explique pas seulement par une population active pressée mais aussi par le vieillissement de la population ».
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Cela montre « clairement la nécessité pour l’Union européenne d’importer plus des pays tiers qui sont capables de fournir les bonnes catégories de bœuf dans des quantités suffisantes et à des prix qui permettent pas seulement à l’industrie de réinvestir mais aussi de prospérer ». Les industriels demandent donc un réaménagement des quotas actuels, certains étant « clairement sous utilisés ou dans certains cas même pas utilisés ».
D’autant que pour un volume théorique de 247 000 tonnes autorisées à l’importation, il faut retrancher plus de 50 000 tonnes de contingents inutilisables, pour une série de raisons dont la non conformité aux standards sanitaires de l’Union européenne. À court terme, le Clitravi demande donc d’apporter de la flexibilité à l’affectation des quotas actuels et d’accroître certains quotas. À long terme, l’organisation demande « une révision complète du régime d’importation ».