Les industriels fabricants de cidre ont « entendu » la revendication des producteurs de fruits à cidre qui, lors de la dernière assemblée générale de leur fédération (FNPFC), ont souhaité une revalorisation des prix de leurs produits.
Après une érosion de 15 % des prix de la pomme à cidre depuis le début des années 2000, les agriculteurs espèrent un rattrapage sur leurs prix de vente à l’industrie cidricole. À cette époque, les producteurs avaient accepté de diminuer leurs prix pour renflouer les industriels, en difficulté, a rappelé Pierre-Yves Reboux, président de la fédération des producteurs de fruits à cidre lors de leur assemblée annuelle début septembre.
Le prix au-dessous duquel il ne faut pas descendre est 150 euros la tonne de fruits à cidre, estime la FNPFC. Sachant que le prix moyen n’était l’an dernier que de 142 euros, c’est au moins cinq euros de plus qu’il faudrait obtenir, selon son président. Non seulement il s’agit de compenser ainsi la hausse de leurs charges pou les exploitants, mais aussi d’éviter l’abandon de cette production au profit d’autres cultures plus rémunératrices, comme celles du blé, aujourd’hui en pleine hausse.
Les transformateurs, bien sûr, ne veulent pas se trouver à moyen terme à court de matière première du fait d’un non renouvellement du verger et Franck Malinowski, directeur général du groupe CCLF (groupe Agrial) qui préside l’interprofession Unicid, s’est déclaré ouvert à la revendication des producteurs. En réalité, les prix contractuels sont fixés pour plusieurs années et varient selon les situations. A un moment où les offreurs de matière première se sentent un peu plus en situation de force, il est normal, explique le président Malinowski, de revaloriser les plus mal payés : un coup de pouce de 8 à 11 % serait ainsi prévu pour eux, a-t-il précisé au lendemain de cette assemblée générale, soit pour un groupe comme CCLF un surcoût global de l’ordre de 2,6 %.
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Marché morose
L’industrie, qui a d’autres hausses de coûts à subir, en particulier des augmentations à deux chiffres sur les bouteilles du fait de la fermeture de plusieurs verreries, fait face aux sautes d’humeur du marché. Selon Franck Malinowski, les ventes de cidre étaient encore bien orientées au printemps (+17 % en cumul annuel fin mai) mais ont décroché ensuite à cause d’un « été pourri » (-19 % fin août). Pour CCLF, qui domine largement avec les deux tiers du marché, les volumes vendus auront finalement été sur un trend positif sous ses marques (Loïc Raison, La Fermière,…), mais négatif en MDD.
Les producteurs, pour leur part, attendent de voir si les revalorisations promises se concrétiseront jusqu’à la reconduction de l’accord interprofessionnel l’an prochain qui aura à déterminer leur contribution aux actions de promotion d’Unicid en faveur de la consommation de cidre.