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FICT Les industriels préservent la valeur des produits de charcuterie

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L’industrie de la charcuterie et du traiteur, qui subissait encore début 2006 une contraction de la consommation et des marges, a finalement mieux terminé l’année que prévu. Les Assises de la FICT ont fait état d’une croissance de 1,8 % des volumes fabriqués et de 3,9 % du chiffre d’affaires du secteur à 7 milliards d’euros. Parmi les indicateurs favorables, le recul du bas de gamme, la moindre chute des ventes à la coupe, et la reprise des courants d’exportation. Toujours soucieuse de l’image de ses produits, la profession travaille à l’élaboration d’une charte d’engagement collectif dans le cadre du PNNS. Mais reste très méfiante vis-à-vis des « profils nutritionnels » en discussion au niveau européen.

Le président Volut avait quelques motifs de satisfaction en ouvrant les Assises de la Fédération des industriels charcutiers-traiteurs-transformateurs de viandes. Dans un contexte de consommation alimentaire assez maussade, surtout en viande, la production des industries charcutières a poursuivi globalement sa croissance grâce au dynamisme des produits vendus en libre-service et aux produits-traiteur. Les volumes fabriqués ont augmenté de 1,8 % à 1,359 million de tonnes, selon les chiffres présentés par la FICT. Si la consommation à domicile a été stable en volume et en légère augmentation en valeur (+0,4 %), le fait marquant de l’année a été le report des achats des ménages vers les marques de fabricants (+1 % à 45 % du total LS) et vers les MDD classiques (+7 %) au détriment de l’offre bas de gamme des MDD économiques et du hard-discount (-4 %). « Cette progression de l’offre de qualité montre,selon Robert Volut, que le rapport qualité/prix reste un facteur clé pour le consommateur, mais pas seulement le prix. Le déblocage des prix de vente consommateurs avec le nouveau calcul des seuils de revente à perte a permis de retrouver une saine compétition entre enseignes ».

Un résultat net de 1,3 %

Au total, l’industrie de la charcuterie et du traiteur a vu ses ventes augmenter en valeur de 3,9 % en valeur par rapport à 2005, portant ainsi son chiffre d’affaires à 7 milliards d’euros. Même si la détente sur les cours du porc a pu les soulager en fin d’année, les entreprises avaient eu des difficultés à répercuter l’ensemble des hausses de coûts d’exploitation dans les négociations de prix avec les distributeurs, ce qui a encore pesé sur la rentabilité : en moyenne, le résultat net de la profession n’en a pas moins légèrement progressé à 1,3 % du chiffre d’affaires, selon une estimation de la FICT, alors que ce ratio était tombé à 1,1 % en 2005. L’EBITDA moyen a été de 5,7 % et le cash flow de 3,5 %.

Du côté de la production, la croissance la plus forte a concerné les produits traiteurs qui ont augmenté de 6 % en volume à 311 000 tonnes, suivis des conserves de viande (+4,7 % à 16 500 tonnes). Mais les produits de charcuterie-salaison proprement dits, poids lourd du secteur avec 1 MT, n’ont progressé que de 0,9 %.

Si certains produits ont enregistré une forte croissance (jambons cuits, rillettes), d’autres ont assez bien résisté (saucissons secs, boudins, jambon cru et sec, andouillette), mais les pâtés, saucissons cuits, lardons,…en revanche ont reculé. La production de produits préemballés et prétranchés (libre-service) reste moteur avec 65 % de la production totale et des volumes en hausse de 3 %. Les charcuteries « destinées à être détaillées » (pour le rayon coupe des GMS, les grossistes et les détaillants) ne représentent plus que 31 % des volumes vendus. De façon parallèle, en GMS, la baisse des produits vendus à la coupe se poursuit mais elle n’est plus que de 2 % en 2006, contre 10 et 12 % les deux années précédentes.

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Reprise des exportations

La FICT estime, mais sans les chiffrer, que les débouchés de la restauration et des produits intermédiaires à destination des plats préparés se sont encore bien développés.

Les entreprises ont continué à faire de gros efforts d’innovation puisque, selon l’institut XTC, sur 260 produits nouveaux de charcuterie lancés en Europe en 2006 la moitié provenait d’entreprises françaises.

Sur le plan des échanges, l’apparition d’un solde extérieur négatif en 2003 n’a fait que s’accentuer. Et pourtant, les ventes à l’étranger sont reparties de l’avant, de 4 % en volume avec 99 105 tonnes, et de 7 % en valeur à 352 M EUR. Ont contribué à cette reprise aussi bien les viandes de porc séchées ou fumées (+25 % en valeur) que les préparations et conserves à base de foie de porc (+16 %) ou les produits à base de bœuf (+11 %). La concurrence entre exportateurs européens est telle, néanmoins, que la France a reculé du 5e au 7e rang des pays exportateurs de l’UE à 25. Elle a notamment vu chuter de 19 % ses ventes de viandes de porc salées ou en saumure.

Dans le même temps, les importations, en hausse de 1 % en volume, ont atteint 490 M EUR (+6 % en valeur). La tendance est forte sur les jambons et épaules cuits (+14 % en valeur) et les viandes de porc salées ou en saumure (+21 %) avec des provenances dominantes comme l’Allemagne (+12 %), l’Italie et l’Espagne.