Face à une hausse récente des cours du porc, les industriels ont annoncé qu’ils « demandaient » des hausses de prix aux distributeurs : entre 5 et 10 % suivant les produits. Selon la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes (Fict), cette évolution sera une première après plusieurs années de stabilité des prix moyens. Le président de la fédération a par ailleurs exprimé ses vives inquiétudes sur le projet de loi de modernisation de l’économie (LME) en cours d’examen au Parlement.
«Nous sommes en train de demander des hausses de prix aux distributeurs », a affirmé le 17 juin, Robert Volut, le président de la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes (Fict). Selon lui, les hausses de prix envisagées pourraient atteindre entre 5 et 10 % dans les prochains mois. « Le secteur porcin va connaître quelques mois plus tard les hausses de tarifs qu’ont connues les autres secteurs comme le lait », a-t-il ajouté. « Comme à chaque mouvement important des prix, nous allons être pris en tenaille. Nous œuvrons pour expliquer cette situation à nos clients et particulièrement à la grande distribution, qui nous l’espérons, comprendra la nécessaire augmentation des prix de vente de toutes les catégories de charcuteries et de salaisons », a déclaré Robert Volut, lors de son discours. Entre 2003 et 2007, les prix des charcuteries sont restés très stables, à peine 1 % de hausse, souligne la Fict. Mais depuis le début de 2008, les choses semblent s’accélérer. La fédération relève déjà une hausse de ses tarifs de 1,4 % sur le premier trimestre.
La LME « est nuisible aux PME »
Robert Volut a par ailleurs exprimé ses plus vives inquiétudes sur le projet de loi de modernisation de l’économie (LME). Malgré un amendement obtenu à l’Assemblée nationale concernant les obligations de contreparties commerciales sur lesquelles doivent s’engager les distributeurs, le président de la Fict qualifie la LME de « nuisible aux PME ». « Le rapport de force va clairement basculer en faveur de la grande distribution. Je crains le pire pour certaines de nos entreprises. Les leaders résisteront mieux que les numéros 2 ou 3. Un raz-de-marée est à attendre sur les PME qui ne sont pas leaders sur leur marché », a-t-il prévenu. Pour lui, cette loi « est totalement ubuesque alors que l’on venait tout juste de mettre en place la loi Chatel », a-t-il ajouté.
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Progression des volumes vendus
En attendant l’application de cette loi, la filière salaisonnerie porcine a affiché un bilan plutôt positif en 2007. La production de charcuteries-salaisons-traiteurs a progressé de 1,3 % en volume (1,365 million de tonnes) et de 2,3 % en valeur, à 7,05 milliards d’euros. Selon la Fict, la consommation de charcuteries à domicile a augmenté de 2,3 % en volume, après une stagnation depuis 2 ans et de 3,2 % en valeur. Les importations ont augmenté de 2 % en volume et de 1 % en valeur (506 millions d’euros) par rapport à 2006, principalement en provenance d’Allemagne, Italie et Espagne. Les exportations ont connu une baisse de 2 % en volume et de 2 % en valeur (347 millions d’euros). Au total, le commerce extérieur a creusé encore son déficit, à - 159 millions d’euros (contre - 146 millions en 2006).