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Sucre/UE Les industriels saluent la mise en marché de sucre supplémentaire

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Le Comité des industries utilisatrices de sucre de l’UE (CIUS) se félicite de l’intention de la Commission européenne de mettre sur le marché communautaire 1,2 million de tonnes de sucre supplémentaires pour assurer l’approvisionnement interne pour la campagne 2012-2013. Il considère, qu’en prenant cette mesure d’urgence, « Bruxelles reconnaît les difficultés d’approvisionnement des industries transformatrices européennes». Le CIUS insiste par ailleurs pour que ces quantités supplémentaires soient mises sur le marché « sans la moindre taxe ni droit à l’importation ».

Tout en saluant l’intention de la Commission européenne de mettre 1,2 million de tonnes de sucre supplémentaires pour assurer l’approvisionnement du marché interne, le Comité des industries utilisatrices de sucre de l’UE estime qu’en dépit « d’une deuxième année de récoltes record de betteraves à sucre dans l’UE, l’industrie alimentaire européenne continue à se battre pour trouver un approvisionnement suffisant à des prix raisonnables ». Pour les industries utilisatrices de sucre de l’UE, les choses sont claires : « Ce sont les quotas de sucre – qui limitent les ventes de sucre de betterave de l’UE à 80% de la demande (1) – et les droits de douane trop élevés qui seraient la cause évidente de cette situation paradoxale ». Elles considèrent en outre que les 1,2 million de tonnes de sucre supplémentaires proposées ne représenteraient « qu’un volume minimum pour améliorer la situation des stocks communautaires » et que de toutes les façons ces quantités devraient être « nécessairement révisées ultérieurement si la consommation s’avère plus élevée et les importations plus faibles que prévu ».

Pas de taxes ni de prélèvements dans la situation actuelle des marchés

Le Comité des industries utilisatrices de sucre de l’UE fait valoir que les mesures à prendre pour assurer l’approvisionnement adéquat du marché « doivent être équitables pour tous les partenaires de la chaîne de valeur des aliments, y compris les raffineurs, les agriculteurs, les producteurs de betteraves et de canne ainsi que bien sûr les utilisateurs finaux ». Le lobby de l’industrie de la transformation invite donc les États membres et la Commission européenne à fonder leurs mesures sur les conditions actuelles du marché actuel et s’oppose « à toute idée d’imposer un prélèvement et un droit de douane quelconques dans une situation du marché aussi tendue ». Le CIUS n’est pas d’accord non plus sur la méthode employée par Bruxelles pour mettre sur le marché des volumes supplémentaires de sucre, à savoir l’utilisation de la différence entre le prix du marché mondial et celui du marché communautaire de l’UE pour justifier l’imposition de taxes sur le sucre hors quota et de droits à l’importation de sucre du marché mondial. Pour trois raisons principales : d’abord, « le prix du marché mondial ne tient pas compte des coûts de fret et de transport » ; ensuite, « le prix du marché mondial est actuellement à un niveau similaire à celui du prix de référence de l’UE » et enfin « le prix rapporté ne constitue pas une base de comparaison appropriée ». Le CIUS considère que dans la mesure où le prix du sucre importé est la référence pour tous les autres sucres, « en ajoutant un droit sur les importations supplémentaires, cela ne ferait que renforcer l’inflation des prix et réduire la compétitivité des industries européennes ». Le lobby de l’industrie de la transformation regrette que les décisions politiques n’ont – jusqu’ici – mis en place « un marché qui ne favorise pas la gestion à long terme, un marché où la volatilité des prix augmente et où la confiance du marché en particulier pour les PME ne cesse de diminuer ». Il voit donc dans les négociations en cours sur la réforme de la Pac « une excellente occasion de mettre fin à cette situation et de passer « à une structure de marché qui réponde aux possibilités et aux exigences actuelles et futures en créant un marché du sucre de l’UE sans nouveaux quotas sucriers et qui réduise progressivement les droits de douane à l’importation ».

(1) Le système européen de quotas de sucre limite le volume disponible pour l'industrie alimentaire à un total de 13,8 millions de tonnes par an, « une quantité beaucoup trop faible par rapport aux besoins annuels nécessaires à l'industrie de la transformation », considère le CIUS, lequel les chiffre à environ 16,6 millions de tonnes. 

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