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Production porcine Les industriels sont scandalisés par les actions fortes des éleveurs

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Depuis la mi-février, les éleveurs de porcs vérifient l'origine des viandes dans la distribution et les camions d'approvisionnement. La semaine du 7 mars a été marquée par des actions plus violentes avec une destruction des viandes sans origine et non labellisées viande porcine française (VPF). Les industriels réagissent violemment.

«Stop » : c'est par ces mots que commence le communiqué de presse du 9 mars de la Fédération nationale de l'industrie et des commerces en gros des viandes (FNICGV). Cette dernière dénonce la destruction de plusieurs chargements de viande de porc d'origine française, sous label VPF (viande porcine française) par des éleveurs. Effectivement, depuis la mi-février, les éleveurs de porcs, en grande difficulté financière, interceptent des camions contenant des cargaisons de viandes afin d'en vérifier l'origine. Leur but est de mettre la pression sur les industriels et les distributeurs afin qu'ils ne s'approvisionnent qu'en viande de porc sous label VPF et n'importent plus de viande d'origine étrangère. « Parfois sous l'œil des gendarmes même, une surenchère entre syndicalistes de l'élevage de porcs français a conduit mardi [8 mars, ndlr] et mercredi [9 mars, ndlr] au mazoutage de viandes françaises. Des producteurs incontrôlés de la Sarthe ont, par exemple, souillé délibérément 10 tonnes de viandes au péage de l'autoroute A28 au Mans, pourtant étiquetées VPF et issues d'élevage de la Mayenne et de l'Ille-et-Vilaine. D'autres découpeurs, plus chanceux, n'ont eu que quelques kilos mazoutés malgré leur origine France », s'indigne la FNICGV. « Rien n'explique ces gestes imbéciles », affirme-t-elle, d'autant plus que « les entreprises lésées veulent porter plainte ».

Comme la FNICGV, le Sniv-SNCP est outré

Le Syndicat national des industriels de la viande (Sniv-SNCP) fustige également ces actions dans un communiqué de presse du 10 mars : « Quand les éleveurs de porcs stoppent les camions et détruisent la viande sous prétexte qu'elle ne porte pas l'autocollant VPF, alors qu'il s'agit pourtant de viande de porc d'origine française, on marche sur la tête ! […] Autant dire que les éleveurs se tirent une balle dans le pied en détruisant leur propre production. » Le Sniv-SNCP rappelle que « l'accord du 15 décembre 2010 porte sur l'étiquetage de l'origine des viandes porcines et non pas sur VPF ». Il fait remarquer également qu'il « a appelé l'interprofession [Inaporc, ndlr] à un alignement du cahier des charges VPF afin que celui-ci puisse être utilisé comme marqueur de l'origine France… exactement ce qui est pratiqué pour VBF (viande bovine française) ». Le cahier des charges VPF ne se résume effectivement pas à une simple indication d'origine. « À ce stade, il est urgent qu'Inaporc mette enfin en place comme prévu le contrôle de l'application de l'accord sur l'étiquetage. Il est par ailleurs de toute première urgence que des mesures soient prises par les pouvoirs publics pour venir au secours des producteurs », a déclaré Jean-Paul Bigard, président du Sniv-SNCP.

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