Mal connue du grand public, souffrant souvent d’une mauvaise image, l’industrie de la fertilisation a décidé de se donner une meilleure visibilité en organisant, pour la première fois, des « Journées de la fertilisation » les 18 et 19 novembre à Versailles. Si l’objectif était de définir les bases d’une nouvelle stratégie de communication extérieure, les résultats de la première journée auront été décevants.
Le lancement du colloque, réalisé par Mario Scardigli le président de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), était pourtant prometteur : la diffusion sur grand écran d’un micro-trottoir réalisé lors du dernier Salon de l’agriculture soulignait en image les faibles – voire les fausses – idées du grand public sur la fertilisation. Ce à quoi Mario Scardigli avait réagi en déclarant : « il faut comprendre les aspirations de nos citoyens » et être un acteur du « développement durable». Le débat était lancé sur le thème « la fertilisation, un enjeu environnemental autant que sociétal ». Qu’allaient-en dire les intervenants ?
L’opportunité commerciale liée aux biocarburants
Au final, peu de choses. Devant un public essentiellement professionnel, les orateurs se seront succédés, sans tenter de répondre au questionnement initial. L’intervention de John Bensted-Smith – au nom de la direction générale de l’Agriculture de la Commission européenne – s’est résumée à une présentation générale de la réforme de la Pac. Alain Couteau, responsable « environnement » chez Bonduelle, a pour sa part vanté les mérites de la politique environnementale menée par son groupe, suivi par Guy Barroin (Inra – Thonon-les-Bains) dont la mission a consisté à expliquer en détail les interactions entre le phosphore et la nutrition du végétal aquatique. Ce dernier exercice ne fut certes pas dénué d’intérêt, mais il aurait été utile que le scientifique puisse extrapoler au monde agricole ses observations, de manière plus précise. A tout le moins, on retiendra qu’en matière de lutte contre le phosphore, il est nécessaire d’agir sur l’ensemble du réseau hydrographique amont, et que la simple réduction de l’apport externe en phosphore ne suffit pas forcément à rééquilibrer le milieu aquatique. Dans certaines conditions, ce milieu peut en effet relarguer de lui-même du phosphore.
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L’intervention sur les biocarburants réalisée par Jean-Claude Pasty, rapporteur à la section Agriculture du Comité économique et social, aura au moins eu le mérite de donner un peu de baume au cœur aux industriels. Si les objectifs européens sont atteints, la France pourrait avoir 2 millions d’hectares de cultures énergétiques en 2011 (contre 400 000 ha aujourd’hui), voire 4 millions d’ha en 2020 (13% de la SAU). « Ce sont des perspectives remarquables si ceci se met en place, pour le maintien et le développement même de notre industrie » s’est réjoui Mario Scardigli, le président de l’Unifa.